Une mer dans les terres

Du mercredi 25 au dimanche 29 septembre de Juliaca à frontière du Pérou

Que c’est triste un départ

Adieu la « maison des cyclistes » (Casa ciclistas en espagnol) de Juliaca. Un moment d’émotion car nous avons passé quatre jours de détente avec Giovanni le propriétaire lequel nous a offert un magnifique gâteau pour l’anniversaire de sa Casa.

Comme toujours sortir des grandes villes est un peu éprouvant. Le conducteur péruvien ne respecte pas les règles du code de la route; de plus les rues de Juliaca sont en très mauvaises état. Pour certaines nous roulons sur la terre et avec le trafic il y a d’énormes nuages de poussières. Il nous faudra plus d’une heure pour rejoindre l’Altiplano péruvien à l’altitude de 3800m, en attendant la mer dans les terres.

Titicaca une mer intérieur

Au loin nous apercevons le bleu du Titicaca, on dirait la mer. Nous traversons une zone appelée Pitumarca où les femmes portent un chapeau bien particulier. Après de multiples arrêts auprès de la population, c’est la découverte du Lac Titicaca, une mer dans les terre d’une beauté exceptionnelle avec son bleu. Le Lac Titicaca est le plus haut du monde altitude .

Nous prenons un bateau pour Amantani, une de ses iles. Comme toujours le capitaine du bateau augmente son tarif quand il voit des étrangers. Mais après une âpre discussion nous finirons par payer le prix local. C’est toujours du sport de prendre un bateau avec les vélos, car l’embarquement et le débarquement sont toujours délicats. 

Une île bien tranquille

Amantani est une île qui présente de l’altitude et pour accéder au centre du village il faut pousser les vélos, la pente est raide et les rues en pavés. Sur la place centrale nous rencontrons Olga qui nous propose une chambre pour un tarif normal de 20S.  Le village est charmant mais à la tombée de la nuit les rues sont désertes ici il n’y a pas d’éclairage publique, l’ile est alimentée avec des panneaux solaires

Jeudi nous parcourons l’ile dans le silence et sans touriste tôt le matin. Les deux temples de l’ile se trouvent sur les sommets situés à 4200m. Le paysage est désertique et constitué d’un nombre incalculable de murs qui protègent les cultures du vent. Le panorama est magnifique, on se croirait au milieu d’un océan. Retour au village par un chemin non encore balisé où nous rencontrons les locaux entrain de travailler à son l’aménagement. Nous échangeons longuement sur le travail que cela représente, qui se fait uniquement à la main et sans aucune rétribution.

Et un petit tour de lac

Au retour nous faisons nous faisons nos adieux à Olgla avant de reprendre un bateau pour traverser le lac Titicaca, cette mer dans les terres. Nous débarquons à une plage nommée Chiffon avant de reprendre notre route pour faire le tour du Lac. Contrairement à beaucoup de sites où le tour se fait en quelques heures, ici la petite escapade va s’étaler sur 250km.

Nous suivons le bord du lac sur en sentier de terre, le panorama est des plus extraordinaires. Ce soir nous dormons à Pusi dans un hôtel vraiment pas cher mais dont les propriétaires ne sont pas aimables. Au petit matin nous les quittons sans regret. Sous le soleil, nous continuons sur une route peu touristique où les gens sont accueillants et dialoguent facilement. 

Une petite leçon de géographie

Nous nous arrêtons près d’une école et là surprise tous les élèves sortent sur la route pour voir les vélos et notre drapeau qui attire l’attention. Nous parlons longuement du voyage et répondons aux questions des enfants. Quel bonheur cette rencontre, des instants que l’on voudrait prolonger le plus longtemps possible.

Un peu plus loin un couple de fermiers nous arrête pour nous saluer. Ils sont entrain de traire les quelques vaches qui constituent leur troupeau. La traite se fait à la main et la collecte du lait avec des motos.

Nous remarquons qu’autour du lac : 

  • Toutes les toilettes sont extérieures et identiques. Elles ont été installées par le gouvernement dans le cadre d’un programme sanitaire
  • Pas de cimetière, les familles enterrent leurs morts dans le jardin ou dans un coin de champ.
  • La population des zones que nous traversons parle Quechua ou Aymara.

Belle journée autour de la partie nord du lac qui se termine dans la ville de Huancané où c’est la fête.

Partageons le repas

Samedi nous continuons notre périple sur un terrain un peu plus difficile. Un chemin de terre et de pierres avec des vues imprenables sur le lac et qui permet des rencontres exceptionnelles avec les habitants des zones isolées où se parle la langue Aymara. La population habite à environ 30km d’un centre-ville et comme elle ne possède pas de voiture les déplacements sont assez compliqués. 

Une famille d’agriculteur entrain de pique-niquer dans un champ, nous invite à partager son repas. Ce dernier est constitué de motets, pomme de terre et carottes locales appelé “Oncas”.

Nous terminons notre journée dans le village de Moho où nous dormons à la Paroisse. Ici pas de restaurant mais seulement des stands qui vendent de la nourriture sur la place centrale. Une occasion pour discuter avec la population.

Encore un petit verre de bière

Dimanche nous suivons toujours le Titicaca. Nous roulons sur l’altiplano à 4000m. Une route facile d’autant plus que nous avons le vent dans le dos.

Nous traversons le village de Conima qui est en fête. Au Pérou chaque manifestation est l’occasion de boire de la bière jusqu’à l’ivresse. Et pendant notre traversée, à chaque arrêt les péruviens nous offrent un verre de bière. Après quelques centaines de mêtres et pour ne pas se retrouver ivre, quelle bataille pour refuser la boisson. Néanmoins cela restera un moment inoubliable cette traversée de village.

Après cet épisode festif, notre voyage au Pérou se termine au poste frontière isolé de Tilali. Le douanier est content de notre passage, seulement deux cyclistes pour la journée et aucune voiture.  Ici se termine notre séjour au Pérou dont nous ferons la synthèse dans un prochain post avant de parler du pays suivant.

Nous avons parcouru : 44 km le mercredi 25 septembre, 41 le 26, 46 le 27, 47 le 28 et 53 le 29 soit 231km ==> voir carte simplifiée

2 réflexions sur « Une mer dans les terres »

  1. Bonjour a vous
    Je vois que votre voyage se passe bien
    Toujours de belles photos merci
    Vous nous faite rêver continuer merci
    Bisous à vous deux

    1. Bonjour Pascal
      Le voyage effectivement se poursuit et va bientôt nous amener en Argentine.
      Merci pour ce post
      Jean Claude Agnès

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *