Du Chili à la France

Dernier tour en Patagonie

Du dimanche 14 au 26 juin 2020

Dimanche 14 juin, dernier jour à Cochrane. La veille nous sommes allés dire au revoir aux personnes avec qui nous avons sympathisé. Très tôt nous quittons la ville en voiture. Le Covid-19 aura eu raison de notre ténacité. Le Chili ayant décidé de prolonger la fermeture de ses frontières pour au moins trois mois. Nous rentrons temporairement, un périple de trois jours du Chili à la France. Notre première partie de voyage, 380 km sur la route Australe se fait dans des conditions difficiles avec la neige et le froid. Nous prenons un avion dans le petit aéroport de Balmaceda près de la ville de Coyhaique afin de rejoindre Santiago d’où nous prendrons un avion pour la France. 

A vélo  sur une voie rapide en France

Mercredi 17 au matin après de longues heures de transport, du Chili à la France nous nous posons à Roissy Charles De Gaule. L’ambiance est un peu particulière, l’aéroport est quasi vide. Beaucoup d’avions sont stationnés sur le tarmac, leurs réacteurs obturés par d’énormes protections, comme s’ils allaient passer de nombreux mois sans retrouver les airs. 

Quelques formalités avant de retrouver nos bagages, et voilà nous allons pouvoir reprendre la route. Remontage des vélos dans le hall de l’aéroport pour ensuite prendre la direction de Marseille. Sortir à vélo de l’aéroport de Roissy est une vraie gymnastique car il n’y a ni voie cyclable et ni route prévues pour les cyclistes. Il nous faudra après accord de la police, qui nous indique quand même que c’est interdit, prendre une voie rapide sur plus de cinq kilomètres.

Des gens gentils

La reprise est un peu difficile et les paysages sont complètements différents . Il y a beaucoup de circulation et le plaisir n’est pas le même qu’en Amérique du sud.  L’objectif est de rejoindre le canal de Bourgogne et ensuite Marseille pour rencontrer Gabin un nouvel arrivé dans la famille.

Une difficulté que nous n’avions pas calculée, tous les campings sont fermés et il y a très peu d’hôtels sur notre parcours. il faut trouver des endroits pour camper et la surprise est grande car les gens nous aident assez facilement à trouver des solutions. Le responsable du camping de Tournan-en-Brie nous offre gracieusement un lieu pour notre toile. Emmanuel le maire de la municipalité de Ancy-le-Franc nous prête les installations sportives ainsi qu’un appartement pour la nuit.

La Bourgogne son canal et son trésor

Nous rejoignons le canal de Bourgogne qui s’étend sur plusieurs centaines de km. Bien que sont usage soit exclusivement touristique, il est peu fréquenté tant par les cyclistes que les bateaux. Le cadre est très agréable bien que les paysages y soient peu variés. Incroyable, nous croisons Marion et Benoît avec qui nous avions roulé dans le désert du Lipez Bolivien et au Chili.

La fin du canal nous amène dans les vignobles de la Bourgogne sur la route des vins « hauts crus ». Les alignements de pieds de ceps sont impressionnants et s’étalent sur des hectares. Dans cette région la production de vin est quasi toute vendue avant les vendanges. Les prix pratiqués sont exorbitants. Les bouteilles les plus chères dépassent allègrement les 5 000 euros. Autant vous dire que la dégustation de ces vins est impossible et est seulement réservée aux acheteurs assez fortunés.

Notre route du jour nous amènera dans la ville de Beaune connue mondialement pour ses hospices du 15ème siècle. Leurs architecture est magnifique. L’institution possède 60 hectares de vignobles grands crus et chaque année le vin de ces vignes est vendu aux enchères au profit des plus démunis.

Belle rencontre

Nous terminons notre visite en Bourgogne par les vignes de Pommard et Meursault. Il y fait beau et le cadre est toujours aussi agréable. 
Dans le village de Corcelles-les-Arts, une grosse trombe d’eau nous stoppe. Nous trouvons refuge dans la maison de Brigitte qui gentiment nous invite à boire un café dans sa maison. Patrick son mari un ancien vigneron enrichit notre culture sur la vigne et les vins de Bourgogne. Ils nous offriront le repas du midi bien arrosé avec du vin de Patrick, une belle journée en leur compagnie. Nous terminons notre journée à Châlons-sur-Saône au bord de la rivière. 

Depuis notre retour en France de Paris à Châlons-sur-Saône nous avons parcourus 522 km (voir carte de notre position)

Un début d’année bien tranquille

Du 2 janvier au 17 janvier 2020, de Santiago à Témuco

En route vers la capitale du surf

Le 2 janvier nous quittons Santiago la capitale du Chili en compagnie de Marion et Benoît, Sylvain nous rejoindra plus tard. Quitter une grande ville est toujours difficile et il nous faudra parcourir 35km pour en sortir complètement. 

En fin de journée nous rencontrons Mochuan, un haïtien qui a fui son pays à la suite de catastrophes naturelles. Il est gardien d’une paroquia et il nous propose une place pour mettre nos toiles de tentes.

Toute la semaine nous roulerons sur un trajet assez banal avec des paysages semblables à ceux de France. Ici les champs attendent la moisson des blés et nous offrent leurs couleurs ocre.  Nous retrouvons la côte pacifique et également Stéphanie et Émilie deux françaises que nous avions déjà croisé à Santiago. Nous sommes maintenant un groupe de 7 personnes.

Notre route va nous conduire de Litueche à Pichilemu, la capitale mondiale du surf. Un endroit où le pacifique offre aux surfeurs de magnifiques vagues pour pratiquer leur sport favori. 

La fin de semaine se termine à Bucalemu un village de pêcheur. Ces derniers à chaque fois qu’ils partent en mer doivent franchir les terribles rouleaux des vagues du pacifique au risque de voire leur bateaux se retourner.  A leur retour, ils vendent le produit de leur pêche directement sur la plage. Nous dormons face à l’océan qui gronde en permanence. 

Rencontres : Stéphanie et Emilie 

Rencontre avec la télévision

Mardi 7 le groupe continue son périple au bord du pacifique. La route a changé et nous rencontrons des chemins aux pourcentages accentués. Mais ce n’est que du bonheur, le spectacle est magnifique et le cadre est agréable. 

Fait du jour : Lors de notre passage dans la région de Maule, une télévision locale nous filme. Nous commençons à devenir célèbre, à quand un film sur tous les écrans du monde. 

Le soir nous campons face à la mer sur une dune. Le bruit de la mer nous bercera toute la nuit.

Les jours suivants notre route nous conduit de Constitucion à Quirihué. 4 jours de vélo au bord de l’océan et à l’intérieur des terres du Chili. Le parcours est agréable mais sans évènement particulier. Nous rencontrons quelques difficultés pour installer nos toiles de tentes. 

Petits bonheurs du Chili, c’est la saison des cerises et des fraises que nous pouvons acheter sur le bord de la route et manger en grande quantité.

A Quirihué la police nous trouve un terrain de football pour installer nos toiles de tentes et cerise sur le gâteau, nous escorte en ville avec les gyrophares de ses véhicules. 

Tous savoir sur les Bomberos

Dimanche 12, ce matin la toile de tente est très humide, normale nous dormons sur l’herbe.  Nous continuons notre route dans une campagne qui ressemble toujours à si méprendre à celle de notre France.

Ce soir nous dormirons dans une caserne de pompiers spécialisée dans les feux de forêts. Au Chili ils sont tous volontaires et sans aucune rémunération. Au travers des discusions que nous avons avec eux nous pouvons mesurer la motivation et l’énergie qu’ils mettent dans leurs activités, quelle richesse ces échanges. Le seul inconvénient de dormir dans une caserne est le bruit de la sirène qui peut sonner à tous moments du jour ou de la nuit.

Les jours suivants nous amèneront à Huepil, où nous dormirons également chez les bomberos dans un appartement tout confort.

87 ans et toujours très alerte

Mercredi 15, le vent souffle fort, de face et latéralement. La situation est quelque peu dangereuse. Une vigilance extrême est nécessaire pour ne pas tomber. Le trafic est important et de nombreux camions nous doublent assez rapidement provoquant des appels d’air. 

Les chiliens adorent les cyclistes, aujourd’hui une famille nous a arrêté pour parler et nous offrir des fruits. Nous terminons notre journée chez Raquel, une dame de 87 ans. Elle nous accueille dans sa maison en pleine campagne. Elle a une grande famille 7 enfants et 14 petits enfants et bien plus d’arrière-petits-enfants. Bien qu’elle ne sache ni lire ni écrire c’est une dame au grand cœur, un moment de partage impressionnant. 

Le vent de plus en plus violent

Jeudi, le vent souffle très fort, comme nous n’en n’avons peu connu depuis notre départ. Une journée bien éprouvante, avec ce vent qui souffle dans les oreilles et fini par faire mal au crane. La fatigue morale étant telle que ce soir nous nous arrêtons à Angol pour trouver un logement.

 Durant la nuit des incendies se sont déclarés, ce matin le vent est retombé. Nous traversons des zones dévastées par le feu et il y a encore beaucoup de fumée. 

Vendredi nous terminons notre journée à Temuco, où nous interrompons notre voyage quelques jours pour raison familiale.

Du 1 au 17 janvier de Santiago à Témuco nous avons parcouru 889km.