Le Lipez ça se mérite

Du lundi 4 au dimanche 17 novembre. Traversée du Sud Lipez en Bolivie

Lundi c’est le départ pour la traversée du sud Lipez, région située au sud de la Bolivie. Un désert réputé pour être un des plus difficile au monde. Nous partons avec un groupe rencontré à la « casa de ciclistas » de Uyuni. 

Nous voyagerons à vélo avec Marion, Benoit, Eloïse, Christian et Sylvain, et avec Cédric et Agnès d’Aix-en-Provence qui se déplace en moto taxi. Ils tentent de traverser le Lipez avec un engin pas forcément adapté. (voir vidéo en fin d’article)

Les trois premiers jours, nous parcourrons les pistes faciles qui nous amènerons aux plus difficiles de ce désert du Lipez.

Une moto taxi dans le Lipez

La première journée nous amène à San Cristobal, un joli village où nous dormons dans l’école. Nous y rencontrons des personnes sympathiques qui nous offrent quinoa et diverses friandises locales. 

Ensuite nous prenons la direction de Alota sur une piste de terre roulante. Le chemin est plat, seul le vent ralenti notre progression. Les paysages sont désertiques mais quel bonheur de circuler dans cette immensité. Il y règne un silence que seuls des 4 x 4 viennent interrompre.

Cédric et Agnès connaissent un premier problème, le cadre de la moto taxi s’est rompu et nécessite une grosse réparation. Dans le désert ce type d’incident est toujours une aventure. 

Par chance un camion le remorquera à Alota où il existe un atelier de réparation, bien sommaire certes mais efficace. La réparation nous obligera à passer une journée dans le village.

Alota où peu de touristes s’arrêtent, est un village très typique et complètement isolé dans le désert. La vie dans cette contrée paraît relativement difficile. Toutes les maisons sont construites en terre. On y vit de petits élevages et la population cohabite avec les militaires qui tiennent un poste avancé.

Nous dormons dans une annexe de l’école. Nous y disputerons même une petite partie de football avec les élèves.

Le jour suivant nous amène à l’entrée principale du Lipez. Cette dernière nuit avant l’entrée dans le grand Lipez, la passons dans une salle de restaurant où nous dormons après le départ des clients. Les propriétaires nous offriront une partie du repas et des boissons chaudes.

Magnifiques lagunes rose

Samedi départ sous le soleil, nous quittons le chemin pour nous engager sur les pistes qui traversent le sud Lipez, 400 km de chemins de pierres et de sable qui nous obligent à pousser les vélos. La progression est difficile dans cet univers où rien ne pousse. On y trouve peu de faune et flore, par contre les températures y sont très variées. Il peut faire 40°C dans journée et moins 10°C la nuit. 

Nous croisons une première lagune peuplée de flamands rose. C’est à cet endroit que tous les véhicules à moteurs acquittent un péage symbolique au regard des dégâts qu’ils entrainent sur la flore du désert.

Nous terminons la journée à la lagune de « Los Flamingos » où l’on trouve une quantité impressionnante de flamands rose. Le spectacle est exceptionnel et magnifique. Il nous fait oublier la fatigue du jour. 

Au même endroit un complexe Eco lodge de luxe a été construit. La zone étant dépourvue d’électricité, l’hôtel utilise la technologie solaire pour une partie de ses équipements, dommage que la nuit un énorme groupe électrogène au fuel vienne perturber le silence des lieux. Une nuit d’hôtel coûte l’équivalent d’un mois de salaire bolivien, ici le touriste est choyé. Il y retrouve le confort et la nourriture semblable à celle d’Europe.

Malgré tout le propriétaire prend soin des cyclistes et il a prévu un logement collectif pour un prix dérisoire.

Quand la mécanique lâche

Dimanche le soleil se lève sur Flamingos et nous offre une panoplie de couleurs incroyable. Les flamands rose forment comme un mur posé là au milieu de la lagune, quel joli spectacle.

Départ un peu difficile, il y a surtout le sable et la pente qui ralentissent notre progression. La moto taxi de Cédric s’ensable et il faut la pousser, on se croirait dans un Paris Dakar dans les dunes de sable. Soudain son accélérateur se bloque et impossible d’avancer. Comme au Paris Dakar c’est l’abandon. Ils n’iront pas plus loin dans le Lipez, un 4×4 de passage va les remorquer.

Au fil de la journée nous progressons lentement dans cet océan de sable. En fin de journée, avec le vent la progression étant quasi impossible, nous installons nos tentes avec beaucoup de difficultés à l’abri du vent.

Incroyable il a neigé

Lundi réveil matinal, et surprise il a neigé sur les sommets pendant la nuit. La nature nous offrant un spectacle insolite de couleurs. Nous reprenons notre progression dans cet univers hostile avec du sable à perte de vue.

Aujourd’hui nous manquons un peu d’eau et profitons du passage de quelques 4×4 pour quémander le précieux liquide. Nous tenons à souligner la gentillesse des personnes qui nous ont offert l’eau et même parfois de la nourriture. 

Ce soir nous trouvons refuge dans une vielle bâtisse abandonnée. Elle nous permet d’être à l’abri du vent et du froid pendant la nuit. La difficulté de camper sur du sable est de faire tenir la toile de tente.

Mardi après une nuit glaciale, nous reprenons notre route sous le soleil. Le désert nous offre des lieux magiques comme cet endroit qui s’appelle l’arbre de pierre. Un amas de rochers en forme d’arbres au milieu de nulle part, un spectacle bien original.

La suite de la journée sera bien difficile avec des vents à plus de 70km/h. Il ne nous faudra pas moins de 4 heures pour parcourir les 12 derniers km. Nous pourrons dormir dans un refuge près de la laguna Collorada. Elle porte ce nom au regard du panel de couleurs quelle offre en fonction du soleil et du moment de la journée.

Il fait vraiment froid

Mercredi nous quittons la laguna Colorada et sa panoplie de couleurs. 

Avec le vent de l’après-midi, le sable et les pentes accentuées nous ne pouvons progresser. Il faut une grande solidarité entre les cyclistes qui alternativement poussent le vélo de son voisin. Finalement après 2 heures pour moins de 4 km d’ascension, eh oui le désert n’est pas toujours plat, nous posons nos toiles à l’abri d’une paroi rocheuse à 4600m d’altitude. 

Jeudi réveil matinal et frais, les bouteilles sont gelées. La température ayant dû descendre aux environ de -10°C pendant la nuit. Il est difficile de sortir du sac de couchage. L’endroit où nous sommes installés est magnifique. Une zone sans habitation avec vu sur une lagune, peu de faune et flore seuls quelques viscachas viennent tourner autour de nos toiles de tente. 

Nous reprenons notre progression, le spectacle est toujours grandiose dans cette immensité où nous paraissons bien peu de choses. Ce matin peu de vent et nous franchissons le point le plus haut du Lipez 4940m, la satisfaction est grande pour tout le groupe. 

Trop chaud pour prendre un bien un bain

A cet endroit se trouves des geysers de vapeur et de boue, un spectacle bien étrange au milieu de cette immensité désertique. Le lieu est un point de passage pour les touristes en 4×4. Quelques touristes nous offrent du ravitaillement.

Fin de journée sur une piste où comme par miracle le sable à disparu et Eole nous offre son aide avec un vent bien prononcé dans le dos. Nous campons dans une ancienne salle de restaurant au thermes naturelles de Polque près de la lagune Chalviri. Les thermes bien que naturels sont payants, ce qui paraît un peu une arnaque. 

A vos ordres

Samedi c’est le dernier jour avant la frontière du Chili. Une journée de transition qui nous amène à contourner quelques lagunes. Le vent ayant légèrement baissé d’intensité notre progression est plus rapide. 

Nous croisons un ancien fort militaire planté là au milieu du désert. Il est abandonné et n’a pas dû voir de militaires depuis quelques décennies. 

Nous terminons notre journée au poste frontière du Chili dans un poste militaire en construction. Ce soir nous étrennons la nouvelle caserne avec une literie 3 étoiles.

Quelle descente

Dimanche fin de notre traversée, nous terminons par une descente magistrale de 46km, que du bonheur. 

Nous nous installons à San Pédro de Atamaca situé aux portes du prochain désert que nous devrions emprunter.

San Pédro de Atacama est une ville touristique. Les prix y sont démentiellement élevés et ne correspondent pas aux prix des services offerts. Un endroit peu représentatif du Chili où séjourne beaucoup de touristes étrangers. la ville a été construite pour le tourisme et l’on y rencontre peu de Chiliens. On y trouve essentiellement des restaurants et agences qui organisent des excusions touristiques. 

Nous nous installons dans un petit hôtel en attendant notre prochaine étape le désert de Atacama.

Faits marquants de la traversée du Lipez: 

  • Les changements de températures –
  • Pas de douches pendant 14 jours
  • Difficile de se ravitailler en eau
  • 478 km parcourus sur la terre et dans le sable (Voir sur la carte position actuelle)
  • Aucun cycliste rencontré dans le Lipez
Sud Lipez de Bolivie, que du bonheur

En traversant les “Salars”

Nous reprenons la diffusion du blog et nous dédions cet article à Bernard mon père qui nous à quitté le vendredi 17 janvier. “Que Dieu le bénisse”

Du mardi 22 octobre au dimanche 3 novembre

Le salar de Coïpasa

Mardi une grosse frayeur ce matin, la propriétaire de l’hôtel en reculant son véhicule roule sur le vélo d’Agnès. Nous passerons la journée à dévoiler la roue avant. 

Rencontre du jour : Vincent un français.

Mercredi nous voilà partis avec Vincent sur le salar du Coïpasa. L’entrée y est assez impressionnante. En point de mire notre destination laquelle se trouve à environ 50km. Nous roulons sur un sol blanc qui craque en permanence avec comme l’impression que le terrain est toujours en légère montée alors que c’est totalement plat. Phénomène qui se produit uniquement parce l’horizon semble à l’infini. 

Nous terminerons notre journée sur une petite ile où se trouve le village de Tres Cruses. Le maire nous autorise à dormir dans la salle de théâtre. 

Jeudi journée de transition entre les salars de Coïpasa et de Uyuni. Cette partie bien que assez courte n’en ai pas moins éprouvante. Le sol s’est dégradé et nous avançons très lentement. Nous traversons un village où nous rencontrons les élèves de l’unique classe. Un moment de partage assez inoubliable avec les 5 élèves et leur professeur.

Nous terminons notre journée dans le village de Alianza où nous dormons dans l’école du village.

La blancheur du salar de Uyuni

Vendredi nous allons traverser le salar de Uyuni, le plus grand désert de sel au monde, environ 140km de chemin sur le sel. Sous nos roues se trouve également q50% de la réserve de Lithium de la planète. Notre progression est rendue difficile par les déformations du revêtement composé essentiellement de sel. Toute la journée nous allons apercevoir l’ile de Incahuasi que nous atteindrons après 6 heures de vélo. Cette dernière située au milieu du salar est recouverte de cactus géants. De sa partie la plus haute elle offre un point de vue imprenable sur le salar. 
Nous y passerons la nuit dans une salle du musée que gentiment nous prêtera le gardien de l’ile.

Rencontre du jour Sylvain qui voyage à vélo couché et Cédric qui suite à un problème physique se déplace en Tuktuk dont nous reparlerons souvent dans les articles suivants.

Samedi après une nuit bien tranquille, levé aux aurores pour voir le soleil arrivé sur le salar. Le spectacle est original et permet d’admirer toute une palette de couleurs différentes. 

Nous quittons les lieux pour des derniers 70 km de cet océan blanc. Sur cette partie impossible de prendre un point de repère, merci au GPS. Le blanc nous encercle et seuls quelques véhicules viennent troubler le silence des lieux. Halte dans un hôtel de sel qui a été créé il y a quelques années pour le rallye Paris Dakar. Le bâtiment est construit en briques de sel. Il est une attraction au milieu de cette étendue de sel et un point d’arrêt pour les 4×4 qui transportent les touristes. Ce soir nous dormons dans un hôtel construit en sel. 

Uyuni et sa « Casa de ciclistas »

Dimanche journée détente avec seulement 25km d’une route bitumée qui nous amène à la ville de Uyuni où nous allons séjourner une semaine à la casa de cyclistes. La propriétaire est bolivienne, elle accueille gracieusement les cyclistes en voyage. 

Uyuni est une petite ville de transit pour les touristes en bus. Une ville avec une place centrale plein de charme, un traditionnel marché aux fruits et légumes, et son célèbre cimetière des trains.

Nous passons une semaine riche en rencontres et partages autour de repas préparés en communs avec aux menus :

  • Pizzas préparées et cuites par nos soins
  • Crêpes de Christian
  • Une recette revisitée de l’Aligo avec du fromage bolivien.
  • Riz au lait

Rencontres significatives de la semaine :

  • Marion et Benoît deux français vivant au Québec.
  • Éloïse et Christian qui vivent également en France.
  • Sylvain et Cédric qui ont décidé de passer à la casa de cyclistes.

Tout un groupe dont nous reparlerons. 

Un cimetière bien rempli

Visite du cimetière aux trains. Un amas de ferraille dans un désert de sable. Le spectacle est assez amusant, tous ces wagons avec quelques locomotives au milieu de nulle part. 

Notre déception: nous avons compté 80 véhicules 4 x4 sur le parking. Nous qui voyageons à vélo, pensons que ce type de tourisme devrait être repensé pour participer à la protection de la planète. 

Nous avons parcouru 272 km pour cette période carte simplifiée

En passant par le Chili

Du mercredi 16 octobre au lundi 21 octobre 2019, frontière du Chili, puis retour en Bolivie

Mercredi après un petit déjeuner bien copieux préparé par Sophia, nous quittons Sajama pour le Chili. Il nous faut traverser une dernière zone désertique avant d’atteindre la frontière où nous croisons des km de bouchons en attente d’un contrôle douanier. 

Pour nous le passage de la douane chilienne est un enfer. Plus de 3 heures avec un contrôle complet de tous nos bagages. Au final les douaniers vont nous prendre seulement deux bananes. Au Chili il est interdit d’entrer avec des fruits et légumes. 

Notre journée se termine dans le refuge des gardiens du parc de Lauca. Ils sont très gentils et nous hébergent dans une chambre confortable, heureusement car dehors il fait un froid de canard, nous sommes à 4300m. Nous profitons du magnifique coucher de soleil sur la lagune et le volcan Parinacota.

Les vizcachas en spectacle

Jeudi avant notre départ les gardiens nous offrent des vivres pour remplacer les fruits confisqués à la douane. Avant de partir pour le parc de Lauca où se trouve la réserve nationale des Vicuñas (vigognes) nous avons droit au spectacle des vizcachas qui jouent devant la fenêtre.

La traversée du parc de Lauca se fait sur un chemin de 400km où nous allons traverser des zones désertiques. Les seuls véhicules que nous allons croiser sont les camions d’une mine de bore. Comme le chemin est sec à chaque passage il y a un nuage de poussière indescriptible.

Ce premier soir nous dormons dans un petit hôtel perdu dans le désert « Las Vicuñas ». La propriétaire que nous avons attendu plus de deux heures nous préparent une soupe bien chaude et un steak de lama avec des légumes verts. Le service hôtelier est minimum, ainsi l’électricité fournie par un groupe électrogène se coupe à 21h.

Mais où se cachent les autruches

Vendredi nous continuons notre parcours dans ce parc désertique. Nous apercevons des vigognes par millier, par contre les autruches se cachent bien et nous n’en verrons que quelques-unes. Dans ce désert la faune est omniprésente. Le terrain du parc de Lauca est essentiellement constitué de sable. Il est très difficile d’y planter sa toile de tente et comme la nuit il y a beaucoup de vent les fixations ne tiendraient pas. Nous installons notre tente dans la cour des gardiens du parc.

Photos interdites

Samedi nous partons très tôt pour éviter le vent de l’après-midi. Dans le parc qui se trouve à 4300m il se lève à partir de 13h et dure jusqu’à tard dans la nuit. Par malchance nous roulons souvent face au vent. 

Ce matin pause détente dans les eaux thermales du salar de Surire. Il y a comme des vasques d’eau chaude situées au milieu de nulle part. Le spectacle est grandiose et un peu irréel. Nous sommes seuls et c’est une baignade dans le plus simple appareil, quel bonheur, un bain bien agréable dans cette espace immense et désertique.

Après cette halte reprise de notre traversée où nous croisons toujours des vigognes, lamas, alpagas par centaines, les autruches ont de nouveau disparues. Il y a quelques squelettes d’animaux au sol, sans doute les restes du repas des pumas qui vivent dans le parc. Nous terminons la journée dans un village abandonné où trône une jolie petite église. Nous nous installons dans un hangar avec notre toile de tente. Service minimum sans eau, sans internet ni électricité.

Volcans en activité

Dimanche dernière journée dans le parc où le spectacle est toujours aussi impressionnant. La dernière partie nous amène à traverser le parc des volcans. Ils sont nombreux à laisser échapper un panache blanc, fumée ou vapeur, difficile de faire la différence. 

Les derniers km qui nous amènent à la frontière bolivienne sont un enfer. La déformation du chemin en terre qui ressemble à de la tôle ondulée nous ralentie et secoue bien fortement les vélos.

Ce dimanche se sont les élections présidentielles en Bolivie et ce jour-là toutes les frontières du pays sont fermées et la circulation de tous les véhicules y est interdite

Retour en Bolivie

Lundi, retour Bolivie. A la frontière il y a une activité intense et une impression de désordre sans nom. 

Notre route du jour nous amènera à l’ile de Coïpasa. Le sol blanc est constitué de sel et le chemin pour rejoindre l’ile semble interminable. 

Nous finirons par l’atteindre avec des vélos couverts de sel. Comme sur l’ile l’eau douce se fait rare, nous devons les laver à l’eau salée. Ce soir nous logeons dans un hôtel qui comprend une seule chambre.

Nous avons parcouru 304 km dont 280 de pistes non goudronnées. Carte simplifiée

A bientôt pour un prochain article où nous parlerons de la traversée de l’un des plus grands déserts de sel du monde.