Il attaque partout

Du 27 février au 16 mars, de Puerto Cisnes à Cochrane

Suite à une chute idiote sur le poignet sur la Carretera Australe, nous nous sommes arrêtés dans la ville de Puerto Cisnes. Un village agréable au bord du pacifique et point de départ pour les iles de Chiloé. Le cadre est reposant et la population bien gentille. Pendant cette période j’en profite pour me perfectionner dans la manipulation du drone. 

Après deux semaines à Puerto Cisnes, les douleurs au poignet ont en parti disparu, seule une petite subsiste à l’avant-bras.

Enfin le départ

Donc dimanche, après cette interruption nous retrouvons enfin nos vélos. Ce matin il pleut et les températures sont bien basses. Nous sommes seuls sur la route et le cadre est de toute beauté. Nous passerons toute la journée dans la forêt et terminerons notre journée à Villa Amengual un petit village assez isolé.

Les deux jours suivants passent bien tranquillement dans un cadre qui lui ne change pas. Le poignet tient bon. Il va pouvoir affronter les passages plus difficiles qui nous attendent les prochains jours.

Les rencontres comme nous les aimons

Mercredi nous quittons Coyhaique le revêtement bitumé a disparu et nous avançons lentement. Pendant deux jours nous poursuivrons sur cette portion en mauvaise état. Le paysage a complètement changé, la route australe est d’une beauté magnifique et le spectacle quasi irréel. Les lagunes et cours d’eau sont d’une couleur bleue qui émerveille.

Jeudi soir nous rencontrons Sandra et Felipe, ils sont propriétaire d’une ferme et nous invitent à dormir dans leur maison. Ils sont d’une gentillesse incroyable. Nous passons une soirée formidable. Des rencontres comme nous les aimons avec des gens agréables et humbles.

Rencontre du jour Sandra et Felipe, des personnes charmantes.

Tiens voila les militaires

Les trois jours suivants nous continuons tranquillement sur la Carretera australe dont nous ne nous fatiguons pas malgré le mauvais état de son revêtement. La couleur des cours d’eau est toujours aussi surprenante dans un environnement devenu plus montagneux. Peu de circulation sur cette route et pourtant ce dimanche nous sommes doublés par un convoi de camion militaire, un convoi impressionnant.*

*nous apprendrons plus tard que les militaires sont partis encercler le village de Tortel mis en quarantaine où un cas de Covid -19 a été décelé, ça ne rigole pas au Chili.

Il est arrivé avant nous

Ce dimanche la route australe nous offre une petite portion bétonnée. Le décor est toujours aussi merveilleux avec les montagnes, l’eau et les oiseaux. Nous terminons notre journée à Cochrane un village de Patagonie mais ce soir les nouvelles sont très mauvaises. Il y a un virus qui circule et il attaque partout sur la planète. Il s’agit du Covid-19.

 Lundi 16, le réveil est difficile, ce matin nous apprenons que les frontières du Chili et de l’Argentine vont fermer. Ce n’est pas la fin du monde, il y a plus grave, mais le voyage va s’arrêter quelques temps et nous sommes bien tristes.

Que va-t-il se passer, nous essaierons d’en parler dans le prochain article.

De Puerto Cisnes à Cochrane nous avons parcouru 549 km. La carte de la position où nous sommes stoppés.

La Carretera Austral

Du lundi 17 au dimanche 23 février, de Puerto Montt à Puerto Cisnes

Lundi 17 départ de Puerto Montt, nous voilà enfin sur la Carretera Austral. Une route située à la partie ouest du Chili, celle-ci est longue de 1200km, elle est principalement en terre et va nous amener à O’Higgins. 

Une première journée au bord du pacifique, où l’on pourrait penser que c’est plat, eh bien non, plus de 1000m de dénivelé positif pour 80km. L’itinéraire du jour nous oblige à prendre un ferry dans le village de la Arena. Une traversée de 40mn qui, nous amène sur une autre partie de cette terre enclavée entre la pacifique et la cordillère des Andes. 

Ce soir nous dormons dans un cadre de rêve dans un petit village appelé Pichicolo. 

Le saviez-vous ?

Mardi nouvelle journée sur la Carretera Austral où nous allons prendre un ferry qui doit nous faire traverser deux bras de mer. Le cadre est tellement agréable et nous décidons de prendre un ferry 30 km après Hornopiren. Mais malheureusement arrivé sur place et malgré les indications sur les cartes, la ligne n’existe pas à cet endroit. Heureusement la chance nous sourit, nous rencontrons des travailleurs de la société Camanchaca, une entreprise d’élevage de saumons. Ils se rendent avec une navette ultra rapide sur leur lieu de travail en mer. Ils nous proposent la traversée sur leur embarcation. Que du bonheur et au final nous arrivons sur place avec pas moins de 5 heures d’avance. 

Le Chili est le deuxième producteur de saumon au monde après la Norvège et peut-être en avez-vous déjà mangé. L’activité très industrialisée est assez controversée pour la pollution qu’elle entraine dans l’océan pacifique.

Après une journée dans la forêt avec vu sur les lagunes aux couleurs extraordinaires nous campons dans le parc de Caleta Gonzalo. 

Chaitén

Mercredi nous continuons sur la Carretera Austral et son revêtement en terre. Une journée entière en forêt où règne un grand silence. En fin de journée nous passons près du volcan Chaitén, ce dernier est toujours en activité. Lors de sa dernière éruption en 2008 il a détruit la forêt sur des kms à la ronde. La vue est magnifique et l’on distingue au loin le panache de vapeur qui s’échappe du cœur du monstre.  

Ce soir nous dormons à Chaitén dans un hospedaje* (* type d’auberge) lequel est assez original. Ici pas de clef sur les portes et tout est un peu en libre-service. Il faut faire confiance, d’ailleurs la propriétaire nous rassure sur le sujet et semble complètement sûr de son concept.

Une bière sans alcool

Jeudi nous retrouvons le bitume et du vent qui souffle de face. Le vent de Patagonie qui nous ralenti est sans concession. Le paysage a changé nous roulons entre les montagnes aux sommets enneigés et les lagunes bleu azur. La difficulté du jour un col avec 700m de dénivelé avec un pourcentage moyen de 10%. 

Une journée dans un cadre magnifique aux paysages époustouflants, et un vent de face qui nous a un peu gâché le plaisir.
Nous dormons dans le village de Santa Lucia chez Sarah. Un lieu isolé du monde où la vente de boisson alcoolisée est interdite.

Le bruit de la cascade

Ce vendredi nous avons rencontré une famille Chilienne qui nous a offert à manger sur l’aire de pique-nique. Nouvelle journée dans un cadre magnifique où l’eau est omniprésente.  Ce soir nous dormons à Junta.

Après une nuit tranquille, ce matin nous retrouvons de nouveau une Carretera sans bitûme. La progression est beaucoup plus lente mais le cadre toujours aussi idyllique. Nous avons toujours en toile les sommets enneigés et roulons au bord de lacs aux jolies couleurs.

Ce soir nous dormons au milieu de nulle part près d’une cascade. Le cadre est exceptionnel, mais le bruit de l’eau est tellement assourdissant qu’il finira par nous empêcher de dormir. 

Une bien mauvaise initiative

Dimanche départ matinal, l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, mais ce ne sera pas l’expression vedette du jour. Avec le drone je tente une prise de vue dans une zone de forêt, malheureusement une rafale de vent l’entraîne brusquement, sans que je puisse le contrôler, dans un arbre où il reste accroché. Dans la précipitation, je tente de monter dans l’arbre mais une branche se casse et je chute sur mon poignet dans un épais buisson d’épines dont j’ai beaucoup de mal à me sortir. Imaginez la situation. 
Au final c’est un chauffeur de camion qui le fera tomber. Parfait me direz-vous, eh ! bien non, car le poignet est tellement douloureux qu’il me sera impossible de reprendre mon vélo.
A l’hôpital de Puerto Cisnes les radiographies ne détecteront pas de fractures mais la préconisation sera un repos d’au moins quinze de jours afin que la douleur s’estompe. 
Nous nous installons dans un logement bien confortable. Nous vous conterons cette pause dans le prochain article. 

Nous avons parcourus 520 du 17 au 23 janvier.(Carte du parcours)