De villages en villages au Pérou

Du samedi 20 au dimanche 28 juillet de Huallanca à Oyon

Samedi, repos à Huallanca, visite de la ville, laquelle prépare sa corrida. Une arène a été spécialement construite pour cette fête annuelle où viennent des toréros Européens. Malgré de nombreuses corridas seulement 2 mises à mort sont prévues. Nous rencontrons Carlos qui tient un hôtel et un restaurant. Nous avons sympathisé et bien échangé bien que nous ne fussions pas dans son établissement .

Rencontre : Sol et Junior deux cyclistes Vénézuélien. 

Dimanche nous voilà parti vers le village de la Union distant de 20km seulement. Nous suivons le torrent qui coule au fond de la vallée. Il faut faire très attention car il y a de nombreux effondrements et certaines parties de la chaussée ont disparues. La Union est un lieu agréable où nous trouvons un hôtel au centre-ville lequel possède la wifi, chose rare au centre du pays. L’attraction du village, un mirador duquel on a un point de vue exceptionnel. Lundi repos et travaux mécaniques sur les vélos. 

Attention au vocabulaire

Mardi c’est parti vers Oyon, une ville située à 160km par les chemins de pierres et de terre. Il faudra minimum 5 jours pour atteindre l’objectif qui nous fait passer par les sommets. Sur ce parcours il y a peu de circulation et les paysages sont magnifiques. Nous traversons des villages non indiqués sur notre carte. Ils nous montrent un autre visage du pays où l’on rencontre un niveau de pauvreté qui laisse songeur. Nous terminons notre journée à Rondos où il est difficile de se loger. Nous trouvons une auberge où les chambres avec leur sol en terre sont tristes et vieillottes, peut-être l’hôtel le plus minable que nous ayons rencontré. Une anecdote : la propriétaire me confirme que la douche est chaude, mais au moment de me laver pas d’eau. Elle me fait remarquer que je n’ai pas demandé s’il y en avait (l’humour péruvien!). Au Pérou, chacun peut s’improviser hôtelier s’il le souhaite.

Le village est en fête et prépare sa corrida. Sur la place publique il faut faire attention, nombreux sont les hommes ivres et ici l’alcoolisme est un vrai problème. Nous mangeons dans l’unique restaurant, un lieu qui n’existerait pas en France tellement il ne respecte aucune règle sanitaire.

Merci Monsieur le maire

Mercredi nous partons tôt, la route du jour s’élève et le chemin toujours aussi mauvais. Une journée en montagne sans évènement particulier. Pour la seconde fois de notre voyage nous arrivons dans un lieu appelé Jésus. Un village agréable avec un marché, banques et restaurants dignes de ce nom.  Nous nous installons dans un hôtel simple sans aucun confort.

Jeudi petite journée de vélo, la météo n’est pas favorable. Nous nous arrêtons après 12 km à Cauri où le seul endroit pour se loger est l’hôtel municipal, mais celui-ci est fermé pour travaux. Après discussion avec le maire, ce dernier nous ouvre une chambre. Nous discutons le prix car ce dernier ne correspond pas à la réalité et cela finit par s’arranger. Bien sûr il n’y a ni eau, ni wifi et ni télé, mais faute de mieux nous prenons. Le village est bien aménagé et la journée nous permet de rencontrer la population qui s’intéresse à notre périple. 

Que du bonheur

Vendredi nous continuons notre route et traversons de nombreux villages. A Gashampampa les enfants nous accompagnent sur plusieurs kms avec leur vélo. Au Pérou dans les campagnes acheter un vélo, ce n’est pas toujours possible. Ici pour développer cette activité l’école a mis en place un prêt gratuit qui permet aux élèves d’apprendre à faire du vélo. Lors de notre passage, les enfants nous ont fait une haie d’honneur sur plusieurs km et ce fût un réel bonheur.

La route du jour se termine à Antacolpa. Un village d’une extrême pauvreté sans route carrossable. Les cochons courent un peu partout et rentrent dans les maisons où on peut également trouver d’autres animaux tels que poules, canards, dindons, chats et chiens. Les habitations sont en terre, sans fenêtre cela permet de garder la chaleur et d’éviter que le froid n’y pénètre. Le chauffage n’existe pas dans les maisons et pour ne pas avoir froid il faut se couvrir. Nous dormons dans la salle municipale et comme il fait très froid le maire nous prête des couvertures.

Village sans électricité

Samedi nous continuons notre chemin lequel s’élève doucement avec en toile de fond toujours les montagnes. Nous arrivons à Lauricocha une première magnifique lagune, lesquelles se succèdent et présentent des couleurs en fonction du soleil et du reflet de la neige. Nous traversons de grandes étendues peu peuplées où les seules maisons existantes sont dans un isolement total. Seul le cheval ou la marche permettent d’y accéder. Elles sont toujours sans fenêtres, ni eau courante et ni électricité. Nous terminons dans le village d’Antacallanca. Aujourd’hui c’est tournoi de foot et de volley-ball. Je ne sais pas si les terrains sont aux normes mais les jeunes prennent du plaisir à y jouer. Nous mangeons dans l’unique restaurant, lequel est assez rustique avec son sol en terre. Le village n’est pas électrifié mais il possède un groupe électrogène qui fonctionne quelques heures par jour et lors d’évènements télévisés. Lors de la coupe du monde de football, ce groupe servait à alimenter un écran. Monsieur le maire nous permet de dormir dans la salle communale.

Mine de rien

Dimanche  dernier jour avant l’arrivée à Oyon, nous partons tôt car nous devons parcourir 50 km dont 20 de montée. Nous traversons la mine de Raura où il y a gros trafic de camions. De celle-ci sont extraits les minerais tels que argent, cuivre, plomb et zinc qui sont vendus en partie à la Chine. Les exploitants sont brésiliens et 3000 personnes travaillent sur le site. Nous continuons notre journée dans un cadre indescriptible, seul le revêtement du chemin est un cauchemar. Nous arrivons à Oyon où encore une fois il est difficile de se loger, c’est la fête au village.

Oyon est également une province dont l’économie repose beaucoup sur l’exploitation minière. https://fr.wikipedia.org/wiki/Oyón

Rencontre du jour : une famille Péruvienne qui nous a offert à manger mais dont nous avons oublié le nom.

Nous avons parcouru : dimanche 22 km, mardi 39, mercredi 25, jeudi 11 vendredi 25, samedi 27 et dimanche 50. https://blogaventurejeanclaudeagnes.fr/itineraire-simplifie-sans-details

Une route d’Enfer

Du dimanche 9 juin au Jeudi 13 juin Cajarmaca à Cajabamba

Meunier tu dors

Dimanche nous quittons Cajamarca aux aurores, la température du jour est annoncée chaude. Direction Jesus un village dans la campagne où nous rencontrons Gaspard un meunier d’un autre temps. Il fabrique de la farine de blé avec des meules de pierres. Le rendement n’est pas optimum, il produit environ 100kg par jour, mais la farine est très fine et de première qualité. Il tient également un petit musée dans lequel on trouve des statuts en bois ainsi qu’un moulin à farine miniature propulsé à l’eau. 

Journée vélo difficile, le chemin de terre est en mauvaise état. Nous poussons à plusieurs reprises les vélos tant le sol n’est pas stable. Le spectacle est grandiose mais il se mérite. Après moins de 40km, nous décidons de camper en pleine nature à 3700m d’altitude. Tim et Ninka les cyclistes hollandais que nous avons rejoints campent sur le même lieu. 

Rencontre du jour : Gaspard un meunier

Retour sur les bancs de l’école

Lundi passage du sommet à 4000m, avant de descendre vers Cajabamba. Après 7 km nous sommes bloqués par une clôture sauvage. Nous passons les vélos par-dessus les barbelés. L’état de la route est infernal, pour atteindre le sommet soit 10km il nous faudra plus de trois heures. Ensuite nous amorcons la descente. Arrêt dans une école où c’est l’heure du repas; gentiment les élèves nous offrent à manger de leur cantine. Nous passons un bon moment à discuter avec eux et leurs professeurs. Chose rarissime, ils ne veulent pas faire de photos, ils ont peur d’être enlevés. Ici il y a quelques années des enfants ont été victimes de trafic d’organes. Et depuis il leur est enseigné de se méfier des étrangers appelés « gringos ». 

Nous repartons après 5 km, nous nous arrêtons à Morcilla, une autre école où la directrice nous permet de dormir dans une salle de classe. Ici, nous rencontrons des gens très gentils, qui nous ont trouvé du lait, prêté leur cuisine pour manger. 

Rencontre du jour: Marleni la directrice de l’école de Morcilla.

Mardi après une nuit bien tranquille à Morcilla, photos avec les élèves avant de partir. Dans cette école de montagne, les élèves viennent à pied et il y en a qui ont deux heures de marche pour venir. Au Pérou la loi oblige à donner un petit déjeuner à tous les élèves ainsi que le repas du midi.

Départ tranquille vers Cachachi situé à 35km. La route se trouve dans une zone isolée où les rencontres sont nombreuses. Nous passons un moment avec une jeune femme entrain de tisser une jupe de laine. Quel courage, il lui faut trois semaines à raison de 8 heures par jour pour obtenir un tissu de 5m de longueur et une largeur approximative de 1m. 

Toujours près des élèves

Nous terminons notre journée au village de Cachachi situé dans un cadre magnifique. Nous nous installons sur le terrain de foot de l’école où nous campons avec Tim et Ninka que nous avons retrouvés. Grand rassemblement autour des tentes, les enfants semblent émerveillés par tout notre attirail. Nuit tranquille, seuls les aboiements des chiens et les cris des ânes perturbent le silence de la nuit. 

Mercredi avant de partir nous faisons des photos avec les élèves, ils sont ravis de poser. Ensuite nous partons tranquillement en direction de Cajabamba. Aujourd’hui une longue descente s’annonce, le seul problème nous sommes toujours sur le chemin de terre et de pierres qui présentent de forts pourcentages. Le spectacle est toujours aussi magnifique, les montagnes offrent un patchwork de couleurs que nous ne sommes pas près d’oublier. La température est infernale, près de 40°C, ça chauffe. 

Nouvel arrêt dans une école, tous les élèves sont sortis sur le chemin. Longue discussion avec les deux professeurs qui sont très intéressés par l’économie de la France. Nous reprenons notre descente avant d’arrivée tardivement à Cajabamba, ou nous nous installons pour deux jours à l’hôtel.

Jeudi repos à Cajabamba et visite de la ville qui est charmante. La ville est surplombée par une statue qui fait penser aux sculptures du mont Rushmore aux Etats Unis. Elle représente le visage d’un indien dont je n’ai pas pu obtenir le nom. 

Rencontres : avec de nombreux élèves et enseignants des écoles primaires.

Nous avons parcouru : Dimanche 9 juin 40 km, lundi 18 km, mardi 26 km et mercredi 60.