Une reprise et un record

Du mercredi 5 au samedi 8 juin 2019

Mercredi après quinze jours passés à Celendin nous reprenons notre périple. Nous partons tôt afin d’éviter la chaleur prévue par la météo. Il y a 48km de montée et une erreur de parcours au départ nous fait passer par un chemin de terre où la pente est de 18% sur 1 km. Nous voyageons toujours avec un décor de montagne et aujourd’hui sans trafic routier. Nous nous arrêtonsdans un petit village pour manger, ici il faut manger local. Le menu du jour c’est cochon pour tout le monde avec des mottets, sorte de gros haricots blancs. La nourriture est riche en calories.

Nous terminons la montée de 48km sous un froid de canard, sans doute parce que nous sommes à 3700m la température est de 7°C . Dans la descente nous sommes transis de froid malgré nos vêtements longs. Après avoir parcouru 101km*, nous arrivons à Baños de l’Incas où nous trouvons un logement cher dans cette ville touristique.

*101km un record de distance en un jour

Un bain bien chaud

Jeudi nous sommes à Baños del’Incas, une station thermale où l’on trouve des bains d’eau chaude naturelle. Chacun peut profiter d’une petite piscine individuelle privée. Dans cette dernière l’eau est très chaude, elle vient de la piscine principale où l’eau est à 75°C, bien sûr nous ne sommes pas à cette température. Nous pouvons également nous y laver car la piscine est vidée à chaque fois. Après ce moment plutôt agréable et reposant, nous prenons la route pour Cajamarca où nous nous installons dans un hôtel de très bonne qualité pour un prix dérisoire. Il est bien équipé et possède une cuisine, cela nous permet de préparer des plats français que nous ne trouvons pas dans les restaurants péruviens.

Découvrir Cajamarca

Vendredi nous visitons la ville de Cajamarca. Une ville de 160 000 habitants située à 2700m. Des rues au style coloniale et un marché comme beaucoup de ville au Pérou, il est immense et s’étale dans les rues. https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Cajamarca&oldid=156615407

Une place d’armes très animée et où la police interdit de marcher sur les pelouses. Les différentes églises sont en pierres et différentes de celles rencontrées jusqu’à maintenant. Cajamarca est une ville où l’on trouve de très bon fromage.

Rencontre de Tim et Ninka deux cyclistes hollandais. 

Samedi journée tranquille bien qu’elle commence tôt pour voir les matchs de tennis de Roland Garros. Ici à 5 heures du matin il y a une retransmission en direct des matchs. 

Visite de Ventanillas de Otuzco, des sépultures incas à flanc de montagne. Découverte de « El cuarto del rescate” Lieu où fut exécuté un empereur incas lors de l’invasion des espagnols.

Nous profitons de cette journée de calme, car les prochains jours vont être beaucoup plus animés et avec des parcours très accidentés et isolés. Récits que vous trouverez dans les prochains articles.

Nous avons parcouru 101 km mercredi et 18 jeudi.

PS : depuis trois semaines la région que nous traversons est isolée et les connexions internets sont très difficiles.

Découvrir Celendin

Découverte de la ville de Celendin du mardi 21 mai au mardi 4 juin.

Agnès devant observer un repos complet pendant deux semaines, je vous propose une visite approfondie de la ville de Celendin au Pérou.

Drôle d’élevage

Aujourd’hui je visite un petit élevage de cochons d’inde. Lucy la propriétaire m’a ouvert les portes de sa maison, ses animaux se trouvent au rez-de-chaussée. Il y en a environ 700 qui courent partout. Le chiffre peut dépasser les 1000 à certaines périodes. Son commerce fonctionne bien et elle peut en vendre jusqu’à 100 dans une journée. Cette viande est très appréciée au Pérou et elle se mange cuite au barbecue. 

Ça travaille du Chapeau

Mardi j’ai rendez-vous avec un vendeur de chapeaux, malheureusement son magasin est fermé, il a dû m’oublier. Au hasard des rues je rencontre trois femmes, dans trois maisons différentes, en train de fabriquer des chapeaux. Il n’existe pas d’usine de fabrication, les femmes les fabriquent à la main chez elle. Il faut de 1 à 3 semaines pour en réaliser un et le vendre entre 20 et 200 soles, suivant la qualité de réalisation, soit au maximum 50€. Cela demande 8 à 10 heures de travail par jour et amène énormément de troubles physiques aux personnes. En Europe nous appelons cela les troubles musculosqueletiques. Les personnes rencontrées me disent que de toute façon ici il n’y a pas de travail, c’est une manière de gagner un peu d’argent pour survivre.  La port du chapeau est une tradition pour les femmes et les hommes.

Le marché quotidien

Mercredi visite du marché couvert qui a lieu tous les jours. Ici tout se vend. On y trouve tous les services, travaux de couture, cordonnerie, soins par les plantes et je pourrais en citer des dizaines. 

Sur plusieurs niveaux les gens viennent vendre leur production. Au Pérou, la chaine alimentaire est courte. Il n’y pas ou peu d’importation. La population consomme ce qu’elle produit. La chaine de production est excédentaire. Un point positif pour ce pays dit pauvre, ils nourrissent les pays dit riches qui eux ne sont pas en autosuffisance alimentaire.

Le temps de la découverte

Jeudi 30 mai c’est l’ascension, au Pérou il s’agit d’un jour normal où tout le monde travaille. Nous visitons le petit village de Sucre. Il est complètement perdu dans la montagne on y accède par un chemin en pierres. Le trajet Celendin Sucre se fait avec de vieilles voitures qui en km ont dû faire plusieurs fois le tour de la terre, celle qui nous amène à plus de 20 ans. Sur le tableau de bord rien ne fonctionne. Le chauffeur nous dit qu’il n’a pas les moyens de payer pour remettre en état.

Dans le village nous rencontrons José qui nous explique la vie dans ce lieu. Ici il n’y a pas de travail et chacun vit du produit de son jardin et de ses animaux. Bien que le village ne présente pas de centre d’intérêt la municipalité tente d’attirer les touristes.

Vendredi et samedi suite de la découverte de Celendin. Passage par le monument qui surplombe le village et qui est dédié au christ. Journées tranquilles à parcourir les rues et parler avec la population dont Luis un peintre qui réalise des frises sur les murs.

Que de marchés

Dimanche journée chargée avec d’abord la visite du marché des chapeaux, il faut se lever à 4h30 les opérations commencent à 5h. Il y a beaucoup de monde et chacun vient avec son ou ses chapeaux à vendre. La bagarre est rude et les acheteurs semblent sans scrupule.

La deuxième partie de la journée est consacrée à la visite du marché aux animaux veaux, vaches, taureaux, cochons, chevaux et moutons. Les taureaux sont sur la place sans aucune sécurité, seulement tenu par une corde par leur propriétaire. Ici le marché est immense. Le prix d’un taureau est en moyenne 600 à 700 euros. Pour un veau il faut compter 30 à 40 euros. La place est parsemée de petits restaurants improvisés, l’animation est grande.

Lundi, mardi, journées sans activité particulière. Nous commençons à être connu et il est agréable de se promener sur le marché ou en ville pour discuter avec la population. Les échanges sont nombreux et nous permettent d’apprendre sur la population. Au Pérou plus de 15% de la population ne sait ni lire ni écrire. Ici les enfants quittent l’école vers 11 ans pour aider aux champs ou aux commerces

Rencontre du jour: Alexandra et Antony que nous avions déjà croisé dans la ville de Jaén.

Deux semaines dans la même ville permettent d’apprendre beaucoup. La chose la plus importante que nous retenons est que ce pays pauvre est en autosuffisance alimentaire et la population sait nous le faire remarquer.

Vidéo spéciale Celendin

Cette vidéo traite de la ville de Celendin au Pérou

Flash spécial

Este película trata de la mi salud
Cette vidéo traite de ma santé après un problème musculaire

Des gens généreux

Du mardi 21 mai au 26 mai 2019 La Balsas à Celendin

Message: si vous rencontrez des problèmes de lecture ou connection n’hésitez pas à me le signaler.

Mardi lever aux aurores pour un départ à 6h30. Le parcours du jour est uniquement une montée de 40km et la température risque de nous handicaper. Il nous faut à nouveau contourner la vallée pour arriver à Celendin. La vision de la vallée sous le soleil offre un spectacle fabuleux.  Nous nous arrêtons dans un petit hameau pour trouver de la boisson qui nous fait défaut. Ici nous sommes dans une zone pauvre du Pérou. Il n’y a pas l’eau courante ni l’électricité. Les gens s’éclairent à la lampe à pétrole. Nous sommes à plus de 3000m et quand il pleut il fait froid. Sans chauffage les habitants nous disent utiliser plusieurs couvertures pour se couvrir la nuit.

La poisse

Malheureusement suite à un petit problème physique d’Agnès nous prenons un véhicule pour faire les 12 derniers km. L’arrivée à Celendin est très tardive, mais nous trouvons un petit hôtel rapidement.

Rencontre du jour : Maria, Oscar et son fils Adrien. Un couple qui vit dans la montagne sans électricité mais qui est d’une gentillesse et d’une grande générosité. Ils nous ont offert à manger.

Mercredi, après une nuit tranquille suite au problème physique d’hier. Nous nous rendons dans une clinique privée pour consulter. Le verdict est sans appel, il s’agit d’une petite déchirure musculaire sans doute liée à un manque d’hydratation au vu de la température élevée. Blessure qui demande un repos compris entre 10 et 20 jours. Ici le docteur prend son temps, notre consultation a duré plus d’une heure, avec une approche qui semble bonne. Il était également intéressé par notre périple. L’équipement pour faire l’échographie du muscle semble de dernière génération. 

Nous nous installons donc à Celendin pour 2 à 3 semaines. Une ville de 28000 habitants sans attrait touristique. Tant pis nous allons improviser et essayer de se rapprocher de la population. Il y a toujours à apprendre.  Nous terminons tranquillement notre journée à l’hôtel

Jeudi, vendredi, repos oblige Agnès reste à la chambre. Pour ma part je pars à la découverte de la ville. De son marché qui est impressionnant, un endroit où l’on trouve tout. 

Ici les femmes portent un chapeau avec une forme bien spécifique. Il est fabriqué dans la région. Je vais donc essayer de visiter une fabrique dans les prochains jours, il me faut juste trouver le bon interlocuteur. Se rapprocher de la population locale ne semble pas facile, ici les touristes sont inexistants et la population semble difficile à approcher. Une policière locale me donne quelques pistes pour trouver un interlocuteur. 

Samedi , je finis par rencontrer une personne qui donne la forme finale aux chapeaux mais ne les fabriquent pas. Nous partageons un moment et il m’explique ses gestes répétés à longueur de journée. Le matériel utilisé est d’un autre temps. Un fer à repasser à braises, curieux au siècle où nous vivons avec l’électricité. Au retour je passe par un petit marché aux animaux. J’aborde une vendeuse de cochons d’inde « CUY, en espagnol ». Le hasard veut qu’elle confectionne des chapeaux et possède un élevage de ces animaux. Elle m’invite pour le prochain lundi à la visiter dans sa petite entreprise. Je ne sais pas ce que je vais voir mais je suis impatient de voir.

Quand la terre tremble

Dimanche, nuit agitée, un séisme de magnitude 8 a frappé le Pérou dans la région où nous nous trouvons. Pendant plus de 2mn la terre a tremblé. C’est à la fois impressionnant et effrayant de voir ces façades de maisons qui bougent. Nous sommes impuissant devant cette scène et il y a une forte tension qui retombe lorsque les vibrations s’arrêtent. Le pays a subit de nombreux dégâts en particulier le réseau routier, et au moment où j’écris une seule victime a été identifiée. L’Amérique du sud est une zone sismique connue. Le dernier séisme important au Pérou eu lieu en 1970 et avait fait 70 000 morts.

Ce matin la ville est un marché à ciel ouvert. Il y a des stands partout et chacun vient vendre ses produits pour vivre ou survivre. Les femmes sont avec leurs bébés qu’elles allaitent dans la rue. Ici tout se vend : vêtements, animaux tels que veaux, vaches, cochons, canards, poules, cuys, fruits et légumes. Le séisme de la nuit ne fait même pas partie des préoccupations. La population semble s’être fait une raison. Ce matin j’ai rencontré une personne qui m’a invité à visiter son atelier de chapeaux dont je vous reparlerai dans le prochain post.

Petite vidéo test sur le mode Zapping

Connaissance du peuple indigène