Anatolie et Covid

Du samedi 23 juillet au mercredi 3 août, de Trabzon à Dogubayazit, près de la frontière d’Iran

La culture du thé

Après un bon repos à Trabzon et nos visas pour l’Iran en poche, nous voilà reparti vers la frontière iranienne, via le plateau d’Anatolie.  Nous quittons la ville dans une circulation qui est démentielle ce samedi 23 juillet. Après quelques dizaines de kilomètres nous quittons le bord de mer pour nous enfoncer vers l’intérieur de la Turquie. Nous traversons une zone de culture du thé, la boisson nationale du pays. Les champs se trouvent à flanc de montagne et beaucoup de personnes s’y activent pour le ramassage des feuilles de thé. Nous partageons quelques moments avec des cueilleurs avant de continuer notre route sur un axe peu fréquenté mais avec une vraie difficulté, la traversée des tunnels sans éclairage. Dimanche soir nous nous arrêterons au pied du col d’Ovit dans le petit village de Ikizdere. 

L’odeur de l’étable

Ce lundi matin nous attaquons la montée du col d’Ovit, 35 kms pour 2000 m de dénivelé positif. La première partie se grimpe à un rythme assez régulier dans un cadre naturel. Au 25eme kilomètre surprise un tunnel de 14 km, pour l’éviter nous choisissons de prendre une route de montagne avec une montée difficile, la pente est comprise entre 10 et 13%. Il nous faudra 3 heures pour atteindre le sommet, dans le brouillard et une température proche de 0°C. Malgré nos vêtements chauds nous sommes frigorifiés. Ecevit et Elmas un couple de fermier nous accueille dans sa ferme. Ils nous préparent un repas gargantuesque (Tomates, concombres, viande de moutons, frites, fromage, thé, miel, confitures, beurre, pain). Nous dormirons dans une pièce située au-dessus de l’étable, comme le plancher n’est pas étanche cela présente quelques inconvénients olfactifs, mais par contre nous bénéficions du chauffage produit par les bovins. 

La vallée

Mardi, après une nuit bien calme, nous quittons nos hôtes qui avant de partir nous offre un magnifique petit déjeuner local. Ce matin le brouillard a disparu et le spectacle de la vallée depuis le col est sensationnel. En hiver cette région est totalement recouverte de plusieurs mètres de neige.
Contrairement à la veille, la journée est facile, nous avons une longue descente de 34 kms sur une route qui alterne le bitume, un revêtement en terre et des tunnels, et il n’y quasiment aucun trafic. Nous traversons des zones peu peuplées, le peu de personnes qui y habitent vivent dans des logements assez précaires. Nous terminerons notre journée dans un petit village où comme partout la population est à nos petits soins. 

L’Anatolie et les ours

Mercredi 27, aujourd’hui nous sommes sur le plateau anatolien situé à 2000m. Malgré l’altitude il fait 35°C. Il faut bien ouvrir les yeux pour profiter du spectacle, un décor de cartes postales. Une zone quasi inhabitée où il est bien difficile de trouver un logement où un endroit pour camper. Le peu de gens rencontrés nous confirme la présence d’ours et nous déconseille le camping. La région est propice à la production de miel, il y a des ruches partout. Finalement nous rencontrons Alperen, ils nous accueille à Rizeken dans son village et nous offre un logement pour la nuit. Nous dormons dans un lieu de prière sur les tapis. Dans ce village la vie parait très rudimentaire et sans confort, mais la gentillesse des habitants est inestimable.

Nous quitterons Alperen au petit matin afin de rejoindre Erzurum pour faire une petite pause. La ville est reliée à une station de ski, Palandoken. Ici l’on peut skier jusqu’à 3200m d’altitude sur le plateau d’Anatolie . 

Une petite transition

Après cette petite pause, nous reprenons notre route vers la frontière Iranienne. Il fait très chaud, régulièrement 40°C et les routes sont interminables avec leurs longues lignes droites mais un trafic peu important. Il faut être prudent et emporter assez d’eau, car les points de ravitaillements sont assez rares et les quelques villes sont assez distantes les unes des autres. Comme toujours nous sommes vraiment très bien accueillis, tel à Eleskirt où le nombre d’invitations est tel que nous aurions pu manger 5 fois dans l’après-midi.

Iran, Arche de Noé et Covid


Finalement après quatre jours sur le plateau anatolien, le mardi 2 août, nous atteignons Dogubayazit la dernière ville avant la frontière d’Iran. Une ville située au milieu de nul part près du mont Ararat, la montagne où Noé d’après la légende se serait échoué. Il culmine à 5135m et son sommet est recouvert de neige éternelle. A Dogubayazit la population est kurde et nous ressentons parfois lors de nos conversations, le malaise politique de ce peuple qui n’est pas officiellement reconnue en Turquie. D’ailleurs dans un passé assez récent, parler en Kurde était passible de prison. Visite du magnifique palais Ishak Pasha construit sur l’ancienne route de la soie et situé à quelques kms de la ville. 

Avant de repartir nous allons essayer de nous soigner car nous avons tous les symptômes du Covid, mais ici pas de test pour vérifier. Dans quelques jours si tout va bien nous serons en Iran.

Ne ratez pas notre prochain article un zapping de quelques minutes sur la Turquie.

Le saviez-vous 

Le thé est la boisson nationale et les turcs en consomment de très grandes quantités

les 20 millions de Kurdes qui vivent en Turquie habitent dans l’Est du pays, officiellement ce peuple n’est pas reconnu en Turquie.

Rencontres

  • Ecevit, sa femme et ses enfants les fermiers qui nous ont hébergés
  • Alperen et sa maman qui nous ont hébergés à Rizeken
  • Javis et Gunta un couple de motards de Lettonie
  • De nombreux franco-Turc rencontrés Eleskirt

Ou sommes-Nous

Pendant ces 13 jours nous avons parcouru 612 kms. 

Vous pouvez retrouver le parcours sur la carte ci-jointe.

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