La ViaRhôna

Du lundi 29 juin au mercredi 8 juillet, de Lajoux à Lançon-de-Provence

Comme des rois

Lundi 29, nous quittons la station Jurassienne de ski de Lajoux. L’ascension difficile du col de la Faucille se fait dans le brouillard. Au sommet nous basculons sur une magnifique route qui nous conduit jusqu’à Genève en Suisse. Une ville extraordinaire avec de nombreuses pistes cyclables qui conduisent directement au centre-ville d’où l’on peut admirer le lac Léman et son célèbre jet d’eau. Pas le temps de passer à la banque pour mettre de l’argent sur des fonds secrets et nous voilà déjà de retour en France sur la route des Alpes. Nous terminons notre journée dans la ville de Marignier chez Edwige et Marc des cyclistes rencontrés lors d’un voyage en France en 2016. Que du bonheur nous sommes reçus et hébergés comme des rois. Nous restons trois jours chez nos hôtes. Visite de la ville de Chamonix, de la station de Samoens et son marché local. 

Edwige nous fait partager sa passion pour le métier de Naturopathe quelle étudie avec une grande conviction.

La ViaRhôna

Jeudi 2 juillet nous reprenons notre périple. Marco nous accompagne sur la première partie du parcours. Nous traversons tranquillement la haute Savoie et ses routes escarpées pour atteindre en fin de journée la ViaRhôna. Une voie réservée essentiellement aux cyclistes. Quelle tranquillité de voyager sans garder cette vigilance liée à la circulation automobile. 

Ce soir nous dormons dans un parc de loisir près de Seyssel. Le camping est toléré mais avec parcimonie. Une nuit bien tranquille au bord de l’eau.

Vendredi 3 juillet nous empruntons la ViaRhôna, que nous allons suivre sur une centaine de km. Un parcours auprès de la rivière et dans un cadre agréable. Le relief est peu accidenté et nous traversons de nombreux ponts aux styles bien différents. La route nous amène à traverser les champs de fruits, abricots, pêches ou nectarines, la tentation est forte d’en manger quelques-uns. 

Nous terminons la journée dans le village de Chabôns où Nicole et Pierre (Adjoint au maire) nous prête un bout de pelouse pour planter la toile

Retrouvaille après nombreuses années

Samedi 4 juillet, nous quittons Châbons sous un soleil magnifique. Nous roulons au bord des champs de vignes, des zones fruitières d’abricots et nectarines. Nous terminons notre journée chez Gérard que n’avions plus croisé depuis plusieurs dizaines d’années. Il vivait auparavant en Mayenne et nous avons eu l’occasion de faire quelques fêtes ensemble. Des retrouvailles comme on les aiment. Aujourd’hui il habite le village de Ponsas près de Valence. Le cadre est charmant avec une vue imprenable sur les méandres du Rhône. Nous profitons de ce passage à Ponsas pour découvrir la ville de St-Valier où sont produits les vins des collines Rhodaniennes.

Lundi nous quittons Gérard et poursuivons vers le sud en suivant la ViaRhôna. Nous roulons sur deux départements que sont l’Ardèche et la Drôme. La chaleur à fait son apparition mais heureusement la route est plate et souvent ombragée. Beaucoup de km parcourus ce lundi, qui se termine à Châteauneuf-du-Rhone. Comme dans beaucoup d’endroit le camping est fermé suite au Covid-19. Nous nous installons dans un parc. La nuit y sera bien tranquille malgré le vent.

Une première rencontre bien particulière

Mardi nous continuons notre route avec un allié, le vent. Il nous souffle dans le dos ce n’est que du bonheur. Une route agréable avec pour décor de fond les champs d’oliviers, il y en a partout. Fin de journée à Avignon. Une ville bien agréable que nous avions déjà visitée lors d’un festival.

Mercredi, nous quittons la ViaRhôna pour traverser les Alpilles et les Baux de Provence. Une route en montée mais très agréable et toujours dans les champs d’oliviers. Fin de journée à Lançon-de-Provence chez Aurélie et Guillaume où nous rencontrons notre petit-fils Gabin pour la première fois

Pour cette période nous avons parcourus 642km. Position actuelle

Du Chili à la France

Dernier tour en Patagonie

Du dimanche 14 au 26 juin 2020

Dimanche 14 juin, dernier jour à Cochrane. La veille nous sommes allés dire au revoir aux personnes avec qui nous avons sympathisé. Très tôt nous quittons la ville en voiture. Le Covid-19 aura eu raison de notre ténacité. Le Chili ayant décidé de prolonger la fermeture de ses frontières pour au moins trois mois. Nous rentrons temporairement, un périple de trois jours du Chili à la France. Notre première partie de voyage, 380 km sur la route Australe se fait dans des conditions difficiles avec la neige et le froid. Nous prenons un avion dans le petit aéroport de Balmaceda près de la ville de Coyhaique afin de rejoindre Santiago d’où nous prendrons un avion pour la France. 

A vélo  sur une voie rapide en France

Mercredi 17 au matin après de longues heures de transport, du Chili à la France nous nous posons à Roissy Charles De Gaule. L’ambiance est un peu particulière, l’aéroport est quasi vide. Beaucoup d’avions sont stationnés sur le tarmac, leurs réacteurs obturés par d’énormes protections, comme s’ils allaient passer de nombreux mois sans retrouver les airs. 

Quelques formalités avant de retrouver nos bagages, et voilà nous allons pouvoir reprendre la route. Remontage des vélos dans le hall de l’aéroport pour ensuite prendre la direction de Marseille. Sortir à vélo de l’aéroport de Roissy est une vraie gymnastique car il n’y a ni voie cyclable et ni route prévues pour les cyclistes. Il nous faudra après accord de la police, qui nous indique quand même que c’est interdit, prendre une voie rapide sur plus de cinq kilomètres.

Des gens gentils

La reprise est un peu difficile et les paysages sont complètements différents . Il y a beaucoup de circulation et le plaisir n’est pas le même qu’en Amérique du sud.  L’objectif est de rejoindre le canal de Bourgogne et ensuite Marseille pour rencontrer Gabin un nouvel arrivé dans la famille.

Une difficulté que nous n’avions pas calculée, tous les campings sont fermés et il y a très peu d’hôtels sur notre parcours. il faut trouver des endroits pour camper et la surprise est grande car les gens nous aident assez facilement à trouver des solutions. Le responsable du camping de Tournan-en-Brie nous offre gracieusement un lieu pour notre toile. Emmanuel le maire de la municipalité de Ancy-le-Franc nous prête les installations sportives ainsi qu’un appartement pour la nuit.

La Bourgogne son canal et son trésor

Nous rejoignons le canal de Bourgogne qui s’étend sur plusieurs centaines de km. Bien que sont usage soit exclusivement touristique, il est peu fréquenté tant par les cyclistes que les bateaux. Le cadre est très agréable bien que les paysages y soient peu variés. Incroyable, nous croisons Marion et Benoît avec qui nous avions roulé dans le désert du Lipez Bolivien et au Chili.

La fin du canal nous amène dans les vignobles de la Bourgogne sur la route des vins “hauts crus”. Les alignements de pieds de ceps sont impressionnants et s’étalent sur des hectares. Dans cette région la production de vin est quasi toute vendue avant les vendanges. Les prix pratiqués sont exorbitants. Les bouteilles les plus chères dépassent allègrement les 5 000 euros. Autant vous dire que la dégustation de ces vins est impossible et est seulement réservée aux acheteurs assez fortunés.

Notre route du jour nous amènera dans la ville de Beaune connue mondialement pour ses hospices du 15ème siècle. Leurs architecture est magnifique. L’institution possède 60 hectares de vignobles grands crus et chaque année le vin de ces vignes est vendu aux enchères au profit des plus démunis.

Belle rencontre

Nous terminons notre visite en Bourgogne par les vignes de Pommard et Meursault. Il y fait beau et le cadre est toujours aussi agréable. 
Dans le village de Corcelles-les-Arts, une grosse trombe d’eau nous stoppe. Nous trouvons refuge dans la maison de Brigitte qui gentiment nous invite à boire un café dans sa maison. Patrick son mari un ancien vigneron enrichit notre culture sur la vigne et les vins de Bourgogne. Ils nous offriront le repas du midi bien arrosé avec du vin de Patrick, une belle journée en leur compagnie. Nous terminons notre journée à Châlons-sur-Saône au bord de la rivière. 

Depuis notre retour en France de Paris à Châlons-sur-Saône nous avons parcourus 522 km (voir carte de notre position)

Un rêve

Covid-23

11 mai 2033, je regarde par la fenêtre, il fait soleil. Que c’est étrange le monde à bien changé. Il y a des embouteillages de vélo partout dans la rue principale. L’air est tellement pur que des centaines d’oiseaux volent au-dessus des toits des maisons. Ce matin deux avions sont passés dans le ciel comme c’est étrange.

Les gens semblent heureux, les deux sans domiciles fixes qui vivaient sous le porche dans la rue principale ne sont plus là. Ils sont partis dans un logement que la municipalité leur a mis à disposition avec le chauffage et les connexions informatiques. 

Ce matin nous avons appris la mort du fortuné LLIB SETAG*. Il a légué les 175 milliards de sa fortune à des associations caritatives. Depuis que les paradis fiscaux n’existent plus, la majorité des personnes fortunées font des dons aux organismes qui aident les populations dans le besoin ou pour la recherche médicale. Que c’est agréable ce monde où les requins de la finance n’ont plus leur place, où l’argent sert à faire vivre correctement la population et n’est plus une raison de vivre.

Ce matin j’ai toujours en mémoire ce covid-23 qui nous a obligé à rester enfermer pendant 6 mois dans notre maison en 2030. 

Mais comment le pangolin a-t-il pu changer notre société. Cet animal est maintenant devenu un dieu en chine et il y est vénéré comme le sont les vaches en Inde

Ding, ding dong, le réveil sonne, mince je viens de me réveiller, nous sommes en juin 2020. La pandémie du Covid-19 semble s’être atténuée dans le monde. Mais une question mon rêve restera-t-il un rêve ou deviendra-il une réalité pour notre société ? Rendez-vous en 2033.

*verland

Cochrane

Cochrane, une petite ville de 3000 habitants située en Patagonie Chilienne. Jolie petite bourgade près des rivières Cochrane et Baker. La région est magnifique avec ses lagunes aux couleurs bleues. Nous y sommes arrivés le 15 mars, jour où les frontières se sont fermées en raison du Coronavirus. Ici c’est l’hémisphère sud et l’hiver approche. Il commence à faire froid et la neige a fait son apparition. Ici le temps semble s’être arrêté, les commerces sont quasiment tous fermés et seuls les supermarchés continuent de fonctionner. Bien sûr nous avons fait connaissance avec la population, qui elle ne semble pas perturbée par cette pandémie. Cochrane se trouve dans la région de Aysen et aucun cas de Covid-19 n’y a été déclaré. En conséquence les règles liées à cette pandémie ne sont malheureusement pas toujours appliquées. Espérons qu’il n’arrive rien. 

Pour nous la vie continue, en attendant un retour prochain en France où nous allons passer nos vacances d’été pour continuer notre activité de cyclo voyageur. Le rêve étant de revenir au Chili dès que cela sera possible.

Un zapping de la ville de Cochrane et ses environs