L’Iran, un autre monde !

Newsletter n°13

Du vendredi 5 août au mardi 9 août, de Dogubayazit à Trabiz en Iran

Facile cette entrée en Iran

 Ce samedi 6 août nous quittons Dogubayazit, une ville située dans une zone désertique à l’Est de la Turquie et prenons la direction de l’Iran, un autre monde. Il nous reste 30 kms à parcourir avant de passer la frontière. La route qui nous y emmène est fréquentée par des centaines de camions. Ces derniers, environ 6 kms avant la frontière sont stationnés sur d’immenses parkings en attente des formalités douanières. Il y fait une chaleur terrible, leur temps d’attente doit paraître bien long et pénible. 

A vélo, il est facile d’atteindre le poste frontière entre la Turquie et l’Iran. Piétons et cyclistes passent dans les mêmes sas qui sont très étroit et les vélos ont du mal à y entrer. Les douaniers turcs sont peu agréables et ils nous dévisagent longuement, sans doute pour déceler d’éventuels problèmes. Au final ils finissent par apposer les tampons qui nous permet d’accéder au contrôle Iranien. Contrairement à la Turquie, il faut moins de 10mn pour franchir la douane iranienne. Ici toutes photos est interdites et pour éviter tout incident il vaut mieux respecter l’interdiction.

Que ça parait compliqué 

A la sortie une foule assez impressionnante de gens nous attend et nous propose différents services : logements, aides diverses et change. En Iran, il y a trois monnaies différentes : le Rial, Le toman et le nouveau toman. C’est très compliqué, surtout que pour 150 euros vous recevez près de 60 millions de rials. Il n’y a pas de pièces seulement des billets dont certains n’ont quasiment aucune valeur, le plus gros billet d’un million de rials vaut 3 euros. Nous acceptons de changer notre argent bien que cela soit illégal, ça commence mal.

Nous quittons la zone frontalière, mais sur la route tel des phénomènes, nous sommes en permanence arrêtés soit pour une photo, soit pour nous offrir à manger ou à boire. Notre avancée relativement très lente et il faut l’avouer c’est perturbant. Signe que nous sommes en Iran, le drapeau national flotte partout.

Trois jours fériés et une soupe bien locale

Pour compliquer notre entrée dans ce pays assez mystérieux, pour nos trois premiers jours en Iran, c’est férié dans tout le pays. Tout est fermé y compris les restaurants. Difficile de trouver un logement et de la nourriture. Le premier soir nous dormons dans la ville de Maku. Une Guest house pas officielle qu’un type nous recommande dans la rue. Le confort y est assez sommaire par contre ce n’est pas cher. Comme c’est une fête nationale, les Iraniens sont dans la rue et y chantent à tue-tête, une grande partie de la nuit il y aura du bruit, pas facile de dormir. 

Dimanche deuxième jour en Iran, nous roulons toute la journée dans un cadre désertique sous une très forte chaleur. Seul un village isolé sur notre parcours, et toujours difficile de trouver du ravitaillement. Heureusement un Iranien nous offre une soupe, elle est épaisse et de couleur verte. Sans vraiment savoir ce qu’il y avait dedans nous l’avons avalé d’un trait. Au final elle n’était pas si mauvaise. Un propriétaire fort sympathique nous accueillera dans sa Guest house officielle et nous préparera un bon repas pour récupérer d’une journée bien difficile. 

Lundi dernier jour férié dans le pays. La chaleur est terrible, près de 45°C. Nous desséchons littéralement sur place et ingurgitons plus de 15 litres d’eau et soda dans la journée, quelques chauffeurs s’arrêtent pour nous donner de l’eau fraîche. Tout est fermé, nous devons parcourir plus 110kms. Il fait trop chaud pour camper dans la nature. Nous terminons la journée exténuée chez un particulier qui nous hébergera. 

L’hospitalité iranienne

Mardi, belle journée et la température est un peu plus clémente (35°C). Par contre ce matin le pays s’est réveillé après ce week-end férié et le trafic est devenu intense. Le cadre de notre progression est toujours aussi dépaysant au milieu de ces paysages désertiques et de magnifiques montagnes aux couleurs rouge. Nous arrivons tranquillement à Tabriz, une ville qui compte 1,5 million d’habitants. La circulation y est démentielle, aucun feu rouge ne fonctionne, c’est l’anarchie. A vélo il est difficile de changer de direction car les voitures veulent passer coûte que coûte. Les panneaux indicateur sont en persan et donc incompréhensibles pour nous.

Un Iranien nous aidera pour avoir acheter une carte Sim car c’est un peu une galère lorsque vous ne parlez pas le persan. Il sera d’une grande aide, pour trouver le magasin adapter il ne faudra pas moins de trois heures.

Un autre monde

Après cette période fériée, nous découvrons la vie en Iran. Un univers que nous ne pouvons imaginer en Europe. De vieilles voitures, en majorité Peugeot, les gens conduisent téléphone rivé à l’oreille et ne portent aucune attention aux piétons qui traversent. Bien sur le port du voile pour toutes les femmes y compris les étrangères, la foule dans les rues dans un vacarme indescriptible, les bus avec deux compartiments hommes et femmes. Nous sommes vraiment dans un pays avec une autre culture et au dépaysement total.

Le saviez-vous : 


En Iran les étrangers ne peuvent ni payer ni retirer d’argent avec leur cartes bancaires. Ils doivent arriver dans le pays avec de l’argent liquide en quantité suffisante pour leur séjour

Le saviez-vous 

Les Iraniens du nord parle l’Azeri, une langue turque. Ils utilisent l’écriture persane qui est illisible pour nous européen. Je vous laisse regarder les photos. 

Rencontres : 

Ou sommes-Nous

Pendant ces 6 jours nous avons parcouru 334 kms. Vous pouvez retrouver le parcours sur la carte ci-jointe.

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Anatolie et Covid

Du samedi 23 juillet au mercredi 3 août, de Trabzon à Dogubayazit, près de la frontière d’Iran

La culture du thé

Après un bon repos à Trabzon et nos visas pour l’Iran en poche, nous voilà reparti vers la frontière iranienne, via le plateau d’Anatolie.  Nous quittons la ville dans une circulation qui est démentielle ce samedi 23 juillet. Après quelques dizaines de kilomètres nous quittons le bord de mer pour nous enfoncer vers l’intérieur de la Turquie. Nous traversons une zone de culture du thé, la boisson nationale du pays. Les champs se trouvent à flanc de montagne et beaucoup de personnes s’y activent pour le ramassage des feuilles de thé. Nous partageons quelques moments avec des cueilleurs avant de continuer notre route sur un axe peu fréquenté mais avec une vraie difficulté, la traversée des tunnels sans éclairage. Dimanche soir nous nous arrêterons au pied du col d’Ovit dans le petit village de Ikizdere. 

L’odeur de l’étable

Ce lundi matin nous attaquons la montée du col d’Ovit, 35 kms pour 2000 m de dénivelé positif. La première partie se grimpe à un rythme assez régulier dans un cadre naturel. Au 25eme kilomètre surprise un tunnel de 14 km, pour l’éviter nous choisissons de prendre une route de montagne avec une montée difficile, la pente est comprise entre 10 et 13%. Il nous faudra 3 heures pour atteindre le sommet, dans le brouillard et une température proche de 0°C. Malgré nos vêtements chauds nous sommes frigorifiés. Ecevit et Elmas un couple de fermier nous accueille dans sa ferme. Ils nous préparent un repas gargantuesque (Tomates, concombres, viande de moutons, frites, fromage, thé, miel, confitures, beurre, pain). Nous dormirons dans une pièce située au-dessus de l’étable, comme le plancher n’est pas étanche cela présente quelques inconvénients olfactifs, mais par contre nous bénéficions du chauffage produit par les bovins. 

La vallée

Mardi, après une nuit bien calme, nous quittons nos hôtes qui avant de partir nous offre un magnifique petit déjeuner local. Ce matin le brouillard a disparu et le spectacle de la vallée depuis le col est sensationnel. En hiver cette région est totalement recouverte de plusieurs mètres de neige.
Contrairement à la veille, la journée est facile, nous avons une longue descente de 34 kms sur une route qui alterne le bitume, un revêtement en terre et des tunnels, et il n’y quasiment aucun trafic. Nous traversons des zones peu peuplées, le peu de personnes qui y habitent vivent dans des logements assez précaires. Nous terminerons notre journée dans un petit village où comme partout la population est à nos petits soins. 

L’Anatolie et les ours

Mercredi 27, aujourd’hui nous sommes sur le plateau anatolien situé à 2000m. Malgré l’altitude il fait 35°C. Il faut bien ouvrir les yeux pour profiter du spectacle, un décor de cartes postales. Une zone quasi inhabitée où il est bien difficile de trouver un logement où un endroit pour camper. Le peu de gens rencontrés nous confirme la présence d’ours et nous déconseille le camping. La région est propice à la production de miel, il y a des ruches partout. Finalement nous rencontrons Alperen, ils nous accueille à Rizeken dans son village et nous offre un logement pour la nuit. Nous dormons dans un lieu de prière sur les tapis. Dans ce village la vie parait très rudimentaire et sans confort, mais la gentillesse des habitants est inestimable.

Nous quitterons Alperen au petit matin afin de rejoindre Erzurum pour faire une petite pause. La ville est reliée à une station de ski, Palandoken. Ici l’on peut skier jusqu’à 3200m d’altitude sur le plateau d’Anatolie . 

Une petite transition

Après cette petite pause, nous reprenons notre route vers la frontière Iranienne. Il fait très chaud, régulièrement 40°C et les routes sont interminables avec leurs longues lignes droites mais un trafic peu important. Il faut être prudent et emporter assez d’eau, car les points de ravitaillements sont assez rares et les quelques villes sont assez distantes les unes des autres. Comme toujours nous sommes vraiment très bien accueillis, tel à Eleskirt où le nombre d’invitations est tel que nous aurions pu manger 5 fois dans l’après-midi.

Iran, Arche de Noé et Covid


Finalement après quatre jours sur le plateau anatolien, le mardi 2 août, nous atteignons Dogubayazit la dernière ville avant la frontière d’Iran. Une ville située au milieu de nul part près du mont Ararat, la montagne où Noé d’après la légende se serait échoué. Il culmine à 5135m et son sommet est recouvert de neige éternelle. A Dogubayazit la population est kurde et nous ressentons parfois lors de nos conversations, le malaise politique de ce peuple qui n’est pas officiellement reconnue en Turquie. D’ailleurs dans un passé assez récent, parler en Kurde était passible de prison. Visite du magnifique palais Ishak Pasha construit sur l’ancienne route de la soie et situé à quelques kms de la ville. 

Avant de repartir nous allons essayer de nous soigner car nous avons tous les symptômes du Covid, mais ici pas de test pour vérifier. Dans quelques jours si tout va bien nous serons en Iran.

Ne ratez pas notre prochain article un zapping de quelques minutes sur la Turquie.

Le saviez-vous 

Le thé est la boisson nationale et les turcs en consomment de très grandes quantités

les 20 millions de Kurdes qui vivent en Turquie habitent dans l’Est du pays, officiellement ce peuple n’est pas reconnu en Turquie.

Rencontres

  • Ecevit, sa femme et ses enfants les fermiers qui nous ont hébergés
  • Alperen et sa maman qui nous ont hébergés à Rizeken
  • Javis et Gunta un couple de motards de Lettonie
  • De nombreux franco-Turc rencontrés Eleskirt

Ou sommes-Nous

Pendant ces 13 jours nous avons parcouru 612 kms. 

Vous pouvez retrouver le parcours sur la carte ci-jointe.

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Le long de la mer noire

Du mardi 28 juin au vendredi 22 juillet, d’Istanbul à Trabzon

Ce n’est pas si plat

Nous avons choisi de suivre la côte de la mer noire à partir d’Istanbul jusqu’à Trabzon, une ville située au nord-est de la Turquie. C’est un trajet long de plus de 1300kms. Nous allons alterner les routes désertes et celles avec un fort trafic. Dans cette partie nord du pays, les nationales sont pratiquement toujours à 2 fois deux voies. Mais à la différence de la France, vous pouvez y croiser autant les voitures que les vélos, tracteurs ou attelages tractés par des chevaux. Comme elles se trouvent dans des zones escarpées, nous y retrouvons de nombreux tunnels longs et mal éclairés, les traverser est stressant.

Pendant plus de 25 jours nous avons donc roulé le long de la mer noire, qui malgré son nom est bien bleue

Cette partie de la Turquie est très escarpée avec un relief très accentué. Il n’est pas rare de parcourir des routes avec des pourcentages à plus de 12%. Le cadre est magnifique et l’intérêt de cette partie du pays est bien sur cet environnement sauvage. Nous y croisons également des zones urbanisées avec de mosquées aux syles et aspects différents.

Un tourisme national

Les bords de la mer noire sont peu fréquentés par les touristes étrangers. Mais pendant ces 25 jours le long des côtes, nous avons fait énormément de rencontres. La population n’étant pas habituée au tourisme étranger est très accueillante et curieuse de notre voyage. Elle nous invite régulièrement à partager son repas.

C’est une région où l’on exploite encore les mines de charbon, nous en avons traversée une qui compte encore 600 mineurs. Dans cette partie nord du pays le climat est assez tempéré, c’est pourquoi les cultures sont très nombreuses. Nous pouvons en quelques jours passer de températures très élevées à des pluies et tempêtes. 
Comme ce lundi 18 juillet où nous nous étions arrêtés dans un des rares campings existants. Situé en bord de plage il est extraordinaire. Néanmoins une pluie torrentielle est venue perturbée notre journée et en une seule nuit la plage a été recouverte d’un nombre inimaginable de troncs d’arbres et de déchets plastiques.

Les grands axes

Mardi 19 juillet, après deux nuits au camping, nous reprenons notre route vers Trabzon. Nous longeons la côte environ quelques dizaines de kilomètres avant d’atteindre la route principale et unique chemin pour Trabzon. C’est un itinéraire très fréquenté que nous devons emprunter sur environ 300km. Nous roulons sur la bande d’arrêt d’urgence et traversons de nombreux tunnels.

Nous avons la chance d’avoir un vent très favorable et le compteur affiche régulièrement plus de 30km/h. Nos étapes dépassant les cent kilomètres, nous arrivons rapidement à Trabzon, où nous nous installons plusieurs jours. Une ville fréquentée par des touristes venant des pays frontaliers tels l’Iran et l’Arménie.

C’est à Trabzon que nous attendons nos visas qui nous permettrons de nous rendre en Iran.

Le saviez-vous 

La Turquie est le premier importateur mondial de noisettes. La production se fait dans le nord du pays et la population Kurde effectue le ramassage à la main.

Quelques rencontres

  • Bahatti 75 ans, 48 marathons à son actif dont 19 à Berlin. Son record 2H46mn à New-York
  • Tofig et sa femme. Ils habitent l’Azerbaïdjan.
  • Murat du réseau warmshowers
  • Sarah et Jacob deux turques qui voyagent vers la Russie
  • Des turcs qui nous invitent
  • Les selfies avec la police
  • Aurélien un français à vélo originaire de la Mayenne qui nous a joué un air d’accordéon. 
  • Amin un Iranien qui voyage à vélo uniquement en Turquie.

Ou sommes-Nous

Pendant ces 25 jours au bord de la mer noire nous avons parcouru 1365 kms. Nous nous dirigeons tranquillement vers l’Iran.

Vous pouvez retrouver le parcours sur la carte ci-dessous.

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