En transit vers la Carretera Australe

Mardi 4 février, après une interruption du voyage, nous repartons de Temuco. Nous sommes en transit vers la Carretera Australe, route mythique du sud du Chili. Si tout va bien nous atteindrons Ushuaia d’en environ 2 mois. Pour cette reprise nous ne sommes pas gâtés, la pluie a fait son apparition et au fur et a mesure de la journée il pleut de plus en plus fort.

Ce soir nous visitons la station balnéaire de Villarrica et trouvons un hôtel où le service laisse vraiment à désirer. La ville est très agréable et semble bien fréquentée, c’est la période de vacances scolaires.

Un premier Puma

Les jours suivants nous continuons notre avancée sur les chemins du Chili. Le cadre de notre route est agréable et tranquille. Les chemins de terre sont peu fréquentés et dans cette campagne isolée les gens sont accueillants. Telle Martha qui nous logera pour un prix défiant toute concurrence et avec un service au top. 

Jeudi nous prenons un ferry à Puerto Fuy pour traverser le magnifique lac de Pirihueco et nous rendre dans le village du même nom. Ce lac est coincé entre les montagnes et offre des points de vue magnifiques. Miracle ce jour j’ai eu le temps de voir un puma sur le bord de la route, mais il ne m’a pas donné le temps d’immortaliser le moment.

Ce soir nous installons notre toile dans un champ, les conditions sont spartiates mais le cadre est merveilleux. 

Retour en Argentine

Ce vendredi nous traversons de nouveau la frontière d’Argentine. Le chemin qui se situe dans une forêt est de mauvaise qualité mais le cadre est toujours aussi idyllique avec les nombreux lacs dont celui de Lácar et la montagne en toile de fond.

Après une journée de plus de 10 heures nous arrivons enfin dans la ville de San Martin de Los Andes où nous nous installons chez Taku pour quelques jours. 

La ville est une cité balnéaire, point de départ pour une station de ski. On y trouve toutes les commodités et son cadre est agréable.

Le « Córdon Caulle » est passé par là

Lundi 10 février nous reprenons la route direction Puerto Montt situé à 480km de route et chemins qui vont nous ramener au Chili. La route des lacs continue et le côté agréable c’est qu’il y a peu de circulation. 

Trois jours de vélo sur des routes tranquilles et à nouveau un passage de la frontière Chilienne où c’est toujours assez compliqué du fait des fouilles assez poussées. Nous entrons au Chili sur la route des volcans Puyhue et Córdon Caulle, ce dernier s’est réveillé en 1971 projetant des cendres à 13 km de hauteur et brulant tout sur des km2 à la ronde. Aujourd’hui le spectacle est impressionnant, la végétation n’a toujours pas repoussée alors que le volcan s’est rendormi. 

 Nous campons dans un champ aux pieds des volcans en espérant qu’ils passeront une nuit tranquille.

Jeudi matin, la nuit a été fraiche et il a plu. Après quelques caresses aux chevaux qui se sont approchés de notre toile, nous quittons les lieux. 

Les lacs se suivent, le spectacle est toujours aussi reposant et l’odeur des forêts d’eucalyptus nous embaume les narines. Notre étape du jour se situe dans le village de Cascadas dans un hôtel très charmant.

Chanter sous la pluie

Vendredi, dernier jour avant d’atteindre Puerto Montt, nous avons retrouvé le bitume et la journée devrait être calme. Mais jamais rien ne se passe comme prévu. Après quelques km la pluie fait son apparition et ne nous quittera plus de la journée. Jamais nous n’avions connu une journée complète et avec autant de pluie. Le ciel gris et les nuages nous cachent le panorama. 
Ce midi, nous nous arrêtons près d’une brasserie où des clients sympathiques nous offriront des bières. Le propriétaire nous permettra même que nous nous installions à l’intérieur de son bâtiment pour la pause casse-croute. Il nous fera également une belle visite de ses installations.

Nous terminons notre journée à Puerto Montt, ville portuaire de 200 00 habitants située au bord du Pacifique. Elle n’a pas un grand intérêt touristique mais elle est le point de nombreuses excusions. De nombreux paquebots de croisière y font une halte. 

Nous en profitons pour nous y reposer quelques jours et faire nos réserves, les jours à venir devraient être un peu plus compliqués sur la mythique route australe qui sera le sujet de notre prochain article.

Un début d’année bien tranquille

Du 2 janvier au 17 janvier 2020, de Santiago à Témuco

En route vers la capitale du surf

Le 2 janvier nous quittons Santiago la capitale du Chili en compagnie de Marion et Benoît, Sylvain nous rejoindra plus tard. Quitter une grande ville est toujours difficile et il nous faudra parcourir 35km pour en sortir complètement. 

En fin de journée nous rencontrons Mochuan, un haïtien qui a fui son pays à la suite de catastrophes naturelles. Il est gardien d’une paroquia et il nous propose une place pour mettre nos toiles de tentes.

Toute la semaine nous roulerons sur un trajet assez banal avec des paysages semblables à ceux de France. Ici les champs attendent la moisson des blés et nous offrent leurs couleurs ocre.  Nous retrouvons la côte pacifique et également Stéphanie et Émilie deux françaises que nous avions déjà croisé à Santiago. Nous sommes maintenant un groupe de 7 personnes.

Notre route va nous conduire de Litueche à Pichilemu, la capitale mondiale du surf. Un endroit où le pacifique offre aux surfeurs de magnifiques vagues pour pratiquer leur sport favori. 

La fin de semaine se termine à Bucalemu un village de pêcheur. Ces derniers à chaque fois qu’ils partent en mer doivent franchir les terribles rouleaux des vagues du pacifique au risque de voire leur bateaux se retourner.  A leur retour, ils vendent le produit de leur pêche directement sur la plage. Nous dormons face à l’océan qui gronde en permanence. 

Rencontres : Stéphanie et Emilie 

Rencontre avec la télévision

Mardi 7 le groupe continue son périple au bord du pacifique. La route a changé et nous rencontrons des chemins aux pourcentages accentués. Mais ce n’est que du bonheur, le spectacle est magnifique et le cadre est agréable. 

Fait du jour : Lors de notre passage dans la région de Maule, une télévision locale nous filme. Nous commençons à devenir célèbre, à quand un film sur tous les écrans du monde. 

Le soir nous campons face à la mer sur une dune. Le bruit de la mer nous bercera toute la nuit.

Les jours suivants notre route nous conduit de Constitucion à Quirihué. 4 jours de vélo au bord de l’océan et à l’intérieur des terres du Chili. Le parcours est agréable mais sans évènement particulier. Nous rencontrons quelques difficultés pour installer nos toiles de tentes. 

Petits bonheurs du Chili, c’est la saison des cerises et des fraises que nous pouvons acheter sur le bord de la route et manger en grande quantité.

A Quirihué la police nous trouve un terrain de football pour installer nos toiles de tentes et cerise sur le gâteau, nous escorte en ville avec les gyrophares de ses véhicules. 

Tous savoir sur les Bomberos

Dimanche 12, ce matin la toile de tente est très humide, normale nous dormons sur l’herbe.  Nous continuons notre route dans une campagne qui ressemble toujours à si méprendre à celle de notre France.

Ce soir nous dormirons dans une caserne de pompiers spécialisée dans les feux de forêts. Au Chili ils sont tous volontaires et sans aucune rémunération. Au travers des discusions que nous avons avec eux nous pouvons mesurer la motivation et l’énergie qu’ils mettent dans leurs activités, quelle richesse ces échanges. Le seul inconvénient de dormir dans une caserne est le bruit de la sirène qui peut sonner à tous moments du jour ou de la nuit.

Les jours suivants nous amèneront à Huepil, où nous dormirons également chez les bomberos dans un appartement tout confort.

87 ans et toujours très alerte

Mercredi 15, le vent souffle fort, de face et latéralement. La situation est quelque peu dangereuse. Une vigilance extrême est nécessaire pour ne pas tomber. Le trafic est important et de nombreux camions nous doublent assez rapidement provoquant des appels d’air. 

Les chiliens adorent les cyclistes, aujourd’hui une famille nous a arrêté pour parler et nous offrir des fruits. Nous terminons notre journée chez Raquel, une dame de 87 ans. Elle nous accueille dans sa maison en pleine campagne. Elle a une grande famille 7 enfants et 14 petits enfants et bien plus d’arrière-petits-enfants. Bien qu’elle ne sache ni lire ni écrire c’est une dame au grand cœur, un moment de partage impressionnant. 

Le vent de plus en plus violent

Jeudi, le vent souffle très fort, comme nous n’en n’avons peu connu depuis notre départ. Une journée bien éprouvante, avec ce vent qui souffle dans les oreilles et fini par faire mal au crane. La fatigue morale étant telle que ce soir nous nous arrêtons à Angol pour trouver un logement.

 Durant la nuit des incendies se sont déclarés, ce matin le vent est retombé. Nous traversons des zones dévastées par le feu et il y a encore beaucoup de fumée. 

Vendredi nous terminons notre journée à Temuco, où nous interrompons notre voyage quelques jours pour raison familiale.

Du 1 au 17 janvier de Santiago à Témuco nous avons parcouru 889km.

Découvrir Valparaiso

Du jeudi 19 décembre au lundi 1 janvier 2020, de Mendoza à Santiago de Chili

Bien impressionnant ces lacets

Jeudi, pour la seconde fois nous prenons la route vers le Chili, direction Valparaiso et Santiago.  Nous allons emprunter une route réputée magnifique et qui va s’élever à plus de 4000m. Il nous faudra trois jours pour atteindre la frontière du Chili.

Dimanche nous quittons Pénitentes, une petite station de sport d’hiver d’Argentine. Le passage vers le Chili se fait via un col situé à 4000m. Il existe un tunnel de 3km mais il est interdit aux vélos.

La montée du col, sur un chemin de terre, est difficile mais le spectacle et le panorama offerts sont merveilleux. Au sommet le vent souffle fortement et il est très froid.

La descente se fait sur un chemin de terre et béton, et elle est constituée d’un grand nombre de lacets très impressionnants. Les camions roulent très lentement et c’est la première fois que nous doublons des camions à vélo.

Le passage de la frontière au Chili est toujours aussi angoissant, il faut à chaque fois vider toutes les sacoches pour montrer que vous n’introduisez ni fruits ou produits frais. Le Chili lutte contre toutes contaminations de ses fruits et légumes. Nous terminons notre journée à Los Andes, ville moyenne et sans intérêt touristique du Chili.

Une journée avec des heures supplémentaires

Lundi la route du jour devrait nous amener à Valparaiso en passant par les vignobles chiliens. La première partie est terrible, c’est une route à 3 voies et la circulation est intense. Pour franchir les tunnels, les automobilistes nous protègent en restant à l’arrière des vélos avec les feux de détresses. 

Le parcours du jours de plus de 140km se termine à Valparaiso, une ville bien compliquée pour les vélos. Le périphérique comporte très peu de sorties et la vitesse est démentielle. Par précaution nous roulons derrière les barrières de sécurité où le sol n’est pas très stable. La journée se terminera à plus de 23h avec une fatigue jamais connue.

Nous retrouverons un groupe de 4 français avec qui nous passerons les fêtes de Noël dans cette magnifique et mystérieuse ville de Valparaiso.

Valparaiso la mystérieuse

Valparaiso est une ville très agréable située au bord du pacifique. Elle est construite à flancs de montagnes et quel que soit l’endroit où vous vous trouvez il faut grimper. La déclivité est telle que pour se déplacer, ont été construits quinze funiculaires qui sont aujourd’hui l’image et la fierté de la ville.

Nous pouvons y découvrir et sentir l’odeur des fruits et légumes sur les marchés géants qui sont installés dans les rues.

L’originalité de la ville est également ses peintures murales toutes plus originales les unes que les autres. Certaines sont dignes d’artistes au grand talent.

Partager une pizza avec le prêtre

Samedi nous quittons Valparaiso pour Santiago, et c’est la que nous découvrons les rues au pourcentages supérieurs à 20%. Impossible de pédaler, il faut pousser les vélos. Nous comprenons pourquoi ont été construits les funiculaires.

La route du jour ne présente pas d’intérêt touristique. Ce soir nous faisons étape à Casablanca et nous dormons à la Paroquia où officie le père Gonzalo et le diacre Miguel.

Ils ont un grand sens de l’hospitalité et nous invitent à une soirée pizzas arrosée de coca-cola. Une ambiance vraiment extraordinaire où nous allons découvrir comment vivent ces deux personnages de l’église. On apprendra que les deux prêtres adorent regarder le dessin animé Bob l’Eponge, allez savoir pourquoi. Des soirées comme il est agréable de vivre dans le cadre tout à fait spécifique d’un presbytère.

La sécurité ferme une voie d’autoroute pour nous

Dimanche nous roulons en groupe de 5 personnes vers la capitale du Chili Santiago, un seul chemin et c’est l’autoroute. Au Chili les vélos peuvent l’emprunter, mais le comble le passage de tunnels est interdit. Le relief est accidenté et la chaleur autour de 40°C.

Comme le passage des tunnels est interdit et bien oui, les services de l’autoroute vont fermer une voie du tunnel du Prado sur plus de 3km et nous escorter avec leur camion de sécurité tous gyrophares allumés, créant un long bouchon. Une chose que l’on n’ose pas imaginer en France et une expérience hors du commun. Contrairement à Valparaiso, Santiago est une ville où circuler à vélo est assez facile malgré le trafic.

Le nouvel an à Santiago

Nous profitons de notre passage à Santiago pour réparer les vélos et faire la fête.
Nous fêtons le réveillon comme il est agréable de le faire avec les cyclistes rencontrés dans le sud Lipez que sont Sylvain, Cédric, Benoit et Marion.

Certains d’entre nous aurons bien mal aux cheveux le lendemain, comme partout la consommation d’alcool en excès provoque souvent un gros mal de tête.

Du 19 décembre au 1 janvier nous avons parcouru 538km. Carte situation actuelle