En passant par le Chili

Du mercredi 16 octobre au lundi 21 octobre 2019, frontière du Chili, puis retour en Bolivie

Mercredi après un petit déjeuner bien copieux préparé par Sophia, nous quittons Sajama pour le Chili. Il nous faut traverser une dernière zone désertique avant d’atteindre la frontière où nous croisons des km de bouchons en attente d’un contrôle douanier. 

Pour nous le passage de la douane chilienne est un enfer. Plus de 3 heures avec un contrôle complet de tous nos bagages. Au final les douaniers vont nous prendre seulement deux bananes. Au Chili il est interdit d’entrer avec des fruits et légumes. 

Notre journée se termine dans le refuge des gardiens du parc de Lauca. Ils sont très gentils et nous hébergent dans une chambre confortable, heureusement car dehors il fait un froid de canard, nous sommes à 4300m. Nous profitons du magnifique coucher de soleil sur la lagune et le volcan Parinacota.

Les vizcachas en spectacle

Jeudi avant notre départ les gardiens nous offrent des vivres pour remplacer les fruits confisqués à la douane. Avant de partir pour le parc de Lauca où se trouve la réserve nationale des Vicuñas (vigognes) nous avons droit au spectacle des vizcachas qui jouent devant la fenêtre.

La traversée du parc de Lauca se fait sur un chemin de 400km où nous allons traverser des zones désertiques. Les seuls véhicules que nous allons croiser sont les camions d’une mine de bore. Comme le chemin est sec à chaque passage il y a un nuage de poussière indescriptible.

Ce premier soir nous dormons dans un petit hôtel perdu dans le désert « Las Vicuñas ». La propriétaire que nous avons attendu plus de deux heures nous préparent une soupe bien chaude et un steak de lama avec des légumes verts. Le service hôtelier est minimum, ainsi l’électricité fournie par un groupe électrogène se coupe à 21h.

Mais où se cachent les autruches

Vendredi nous continuons notre parcours dans ce parc désertique. Nous apercevons des vigognes par millier, par contre les autruches se cachent bien et nous n’en verrons que quelques-unes. Dans ce désert la faune est omniprésente. Le terrain du parc de Lauca est essentiellement constitué de sable. Il est très difficile d’y planter sa toile de tente et comme la nuit il y a beaucoup de vent les fixations ne tiendraient pas. Nous installons notre tente dans la cour des gardiens du parc.

Photos interdites

Samedi nous partons très tôt pour éviter le vent de l’après-midi. Dans le parc qui se trouve à 4300m il se lève à partir de 13h et dure jusqu’à tard dans la nuit. Par malchance nous roulons souvent face au vent. 

Ce matin pause détente dans les eaux thermales du salar de Surire. Il y a comme des vasques d’eau chaude situées au milieu de nulle part. Le spectacle est grandiose et un peu irréel. Nous sommes seuls et c’est une baignade dans le plus simple appareil, quel bonheur, un bain bien agréable dans cette espace immense et désertique.

Après cette halte reprise de notre traversée où nous croisons toujours des vigognes, lamas, alpagas par centaines, les autruches ont de nouveau disparues. Il y a quelques squelettes d’animaux au sol, sans doute les restes du repas des pumas qui vivent dans le parc. Nous terminons la journée dans un village abandonné où trône une jolie petite église. Nous nous installons dans un hangar avec notre toile de tente. Service minimum sans eau, sans internet ni électricité.

Volcans en activité

Dimanche dernière journée dans le parc où le spectacle est toujours aussi impressionnant. La dernière partie nous amène à traverser le parc des volcans. Ils sont nombreux à laisser échapper un panache blanc, fumée ou vapeur, difficile de faire la différence. 

Les derniers km qui nous amènent à la frontière bolivienne sont un enfer. La déformation du chemin en terre qui ressemble à de la tôle ondulée nous ralentie et secoue bien fortement les vélos.

Ce dimanche se sont les élections présidentielles en Bolivie et ce jour-là toutes les frontières du pays sont fermées et la circulation de tous les véhicules y est interdite

Retour en Bolivie

Lundi, retour Bolivie. A la frontière il y a une activité intense et une impression de désordre sans nom. 

Notre route du jour nous amènera à l’ile de Coïpasa. Le sol blanc est constitué de sel et le chemin pour rejoindre l’ile semble interminable. 

Nous finirons par l’atteindre avec des vélos couverts de sel. Comme sur l’ile l’eau douce se fait rare, nous devons les laver à l’eau salée. Ce soir nous logeons dans un hôtel qui comprend une seule chambre.

Nous avons parcouru 304 km dont 280 de pistes non goudronnées. Carte simplifiée

A bientôt pour un prochain article où nous parlerons de la traversée de l’un des plus grands déserts de sel du monde. 

L’Altiplano

Du mercredi 9 au Mardi 15 octobre, de Viacha au parc de Sajama

Mercredi nous quittons définitivement la ville de Viacha, banlieue lointaine de La Paz. Nous roulons sur l’altiplano entre 3800 et 4100m, les paysages sont grandioses et magnifiques. A cette altitude peu de vie animale, seuls sont présents vaches, moutons, lamas et alpaguas. La population vit dans de petites maisons construites en terre aux toits en paille. Le confort est sommaire d’autant qu’en général il n’y a pas l’électricité.

Village sinistré

Une fin de journée qui se termine dans le village de Corocoro. Un endroit sinistré, il y a 40 ans le village comptait 25000 habitants, aujourd’hui ils sont moins de 800. La vie tournait autour d’une mine de cuivre, mais celle-ci à réduit son activité. Toutes ses galeries ont été inondées seul subsiste aujourd’hui une extraction à ciel ouvert. A son apogée le site employait 3000 personnes, aujourd’hui quelques dizaines. Ruben un employé de la municipalité nous héberge dans sa maison. Une belle rencontre avec un homme qui a le sens de l’hospitalité.

Retour sur les bancs de l’école

Jeudi nous quittons Ruben après la traditionnelle photo. Nous prenons la route qui va nous amener au Salar de Uyuni, après un petit détour de 700km par le Chili. Le paysage est magnifique et se diversifie au fur et à mesure des km. Les chemins sont défoncés, nous roulons sur un chemin que les gens appellent de la tôle ondulée. Effectivement nous sommes secoués mais finissons par arrivée à bon port dans le village de Calacoto. Un village où les touristes doivent se compter sur les doigts d’une main. Par contre les gens y sont vraiment très accueillants. Un raz de marée autour des vélos, autant les adultes que les enfants, des moments agréables a vivre. Nous terminons notre journée dans une salle du collège où nous passerons la nuit. 

Un village fantôme

Vendredi la route est vrai un labyrinthe et sans cette invention appelée GPS, il y a de fortes chances que nous n’y retrouverions pas notre chemin. 

En altitude dans ces grandes prairies nous rencontrons uniquement des Lamas et des alpaguas. Avec la laine de ces derniers ils fabriquent des couvertures chaudes et qui pèsent un poids incroyable. 

Notre journée se termine dans un village fantôme sans nom. Personne ne semble y vivre bien alors qu’il y a une cinquantaine de maisons, une école et un ensemble sportif. La seule population que nous y rencontrons sont des lamas et des alpaguas qui gambadent tranquillement. Ils ne sont pas sauvages et posent allègrement pour la photo.

Un gardien de troupeaux que nous croisons nous informe  qu’hier un puma à manger deux de ses bêtes. Espérons qu’il ne s’invitera pas dans notre toile pendant nuit. Nous campons près d’une église qui ne possède pas de clocher. Un monument comme il en existe beaucoup dans la campagne bolivienne, c’est-à-dire sans style et apparence d’église. 

Le village ne possède ni eau courante ni l’électricité.

Un village de pierres

Samedi nous traversons une zone magnifique appelée village de pierres. Il y en a partout et de toutes les formes. Avec un peu d’imagination on peut y voir des d’animaux qui bordent notre route. Une journée pleine de surprises avec des traversées de rivières et cette fois sans pont. 

Quelques évènements du jour :

  • Une autruche va nous accompagner quelques centaines de mètres aves ses petits.
  • Une bolivienne nous montre comment découper un lama, 
  • Gardner nous loge dans un centre de santé* dans le village de Okuroco (*genre hôpital de campagne) 

Dimanche après avoir quitté Gardner, nous continuons notre route dans le parc de Sajama, La route est difficile mais plate. Nous roulons toujours au milieu des lamas, alpaguas, vigognes et autruches sauvages. Les villages que nous traversons sont déserts et sans possibilité de ravitaillement. 

La fin de journée est extrêmement pénible. Le vent a fait son apparition, il souffle de face et a recouvert le chemin de sable. Nous terminons dans le village de Sajama au pied du volcan du même nom. Un monstre de 6500m recouvert à son sommet par la neige.  C’est le point le plus élevé de Bolivie.

Du Lama au menu

Sajama un village bien tranquille où nous en profitons pour nous reposer. Nous rencontrons Sophia qui nous loue une petite pièce. Elle nous prépare à manger et ce soir c’est steak de lama avec des frites. Les curiosités de village se sont ses sources d’eau chaude appelées geysers et bien sur les volcans.

Fait notable de la semaine : 

Plus de 300 km de chemin de terre sur l’altiplano avec beaucoup de poussière et cinq jours sans douche. Carte simplifié du parcours

La Bolivie et La Paz

Du lundi 30 septembre au Mardi 8 octobre de Puerto Acosta frontière bolivienne à La Paz et Viacha

Ce matin nous traversons la frontière Bolivienne à Puerto Acosta. Les formalités sont rapides et les douaniers très sympathiques. Pour le dernier jour nous longeons les rives du Titicaca, ce magnifique lac situé en Altitude. ce lieu est vraiment une merveille.  L’étape du jour nous amene à Achacachi. Bien que se ne soit pas une petite ville touristique, il y a beaucoup d’animations. 

Rencontre : un couple d’allemand Andréa et Anita.

A vélo dans la ville de La Paz

Mardi nous prenons la direction de La Paz, la capitale administrative de Bolivie, officieusement Sucre étant la capitale institutionnelle. Nous roulons sur l’altiplano sur une route à deux fois deux voies,avec le vent dans le dos, que du bonheur. Roulez sur l’altiplano à plus de 3800m est agréable bien que les paysages ne varient pas beaucoup.

Nous arrivons dans les faubourgs de la Paz et là le changement est complet, une circulation d’enfer avec des centaines de mini bus qui circulent de façon désordonnée. Ici c’est la loi du plus fort et à vélo il faut faire preuve d’une vigilance extrême d’autant que le revêtement de la chaussée est plein de trous.

Les faubourgs où nous arrivons sont situés en partie haute de la ville. L’endroit est appelé El Alto et se situe à 4100m. De cet endroit nous pouvons admirer la ville, qui elle se trouve dans une cuvette à environ 3000m et le spectacle est fabuleux, nous avons l’impression d’admirer la ville du ciel.

Nous parcourons 24 km dans les rues de la capitale, heureusement nous sommes arrivés sur la partie haute. Le chemin pour se rendre à la maison des cyclistes « Casa de los ciclistas » se fait sur des rues descendantes et malgré qu’elles soient pavées cela est plus facile que des rues montantes.

Rencontre imprévisible

Aujourd’hui 2 octobre nous rencontrons Annie et Serge qui habitent le même village que nous en France. Ils sont en voyage pour quelques semaines en Amérique du Sud. Une rencontre qui fait plaisir et pendant laquelle nous partageons un long moment autour d’un verre, que du bonheur. Merci à eux pour cette rencontre, nous ne manquerons pas de les visiter à notre retour en France.

La Paz

La Paz est une ville bolivienne de 2,5 millions d’habitants. C’est la capitale la plus haute du monde. Elle semble agréable à vivre. On y trouve dix lignes de téléphériques qui permettent de passer de la partie basse de la ville à la partie haute appelée Alto. Ils sont de couleurs différentes et permettent un déplacement facile dans la ville qui est complètement encombrée à longueur de journée par un trafic incroyable.

En Bolivie la monnaie est le boliviano.

Six jours pour découvrir la ville

Nous profitons de notre séjour pour visiter la ville et en particulier les points remarquables : comme la cathédrale Saint François, la place d’armes, le palais présidentiel, la vallée de la Luna ou les rues piétonnes.

Nous visitons le marché situé à la partie haute de la ville. Il se déroule le jeudi et le dimanche, sa superficie est estimée à 33 ha. Ici les vendeurs s’installent dans toutes les rues et sur les places. Nous pouvons y trouver toutes sortes de choses mais attention pas toujours de qualité. La nourriture de rue s’y trouve en abondance, mais ne donne pas toujours envie tant les règles d’hygiène sont douteuses. Pour notre part nous y passons plus de 5 heures sans rien acheter. 

Nous visitons la tour Evo Moralès, l’ex-président de Bolivie. Un moment agréable dans cette tour où les militaires en armes nous escortent en permanence. Evo Moralès n’est plus président depuis les dernières élections, il a du fuir le pays.

A notre retour nous visitons la vallée de la Luna, un site qui fût baptisé ainsi par l’astronaute américain Neil Armstrong premier homme qui a marché sur la lune. Un joli site qui ressemble à Brice canyon aux États-Unis, mais quel dommage que des constructions apparaissent autour de celui-ci. Un gâchis et il va falloir que les Boliviens revoient les règles de constructions sinon dans quelques années le site aura disparu

Rencontre : nous rencontrons Juan Franco que nous avons croisé à plusieurs reprises.

Tout en hauteur pour quitter La Paz

Mardi 8 nous quittons la Paz, à vélo c’est un exercice bien difficile dans cette ville Deux raisons : son trafic infernal et son altitude, il y a un dénivelé de 500m pour moins de 5 km. Pour sortir nous empruntons le téléphérique violet. Mais c’est compliqué, ici il n’y a ni rampe d’accès ni d’ascenseur où mettre les vélos. Heureusement que des boliviens très sympathique nous aident à monter tous les escaliers. Et ensuite un exercice de haute voltige pour mettre et sortir les vélos des cabines, les préposés aux cabines refusant de ralentir l’installation.

Journée mouvementée dans les faubourgs de La Paz. Ce soir nous dormons à Viacha banlieue lointaine de la capitale bolivienne.

Nous avons parcouru de la frontière de Bolivie à Viacha : 225km (parcours simplifié)